Le crime de l’Orient-Express

A bord de l’Orient-Express, ce train mythique qui traverse l’Europe, par une nuit d’hiver enneigée, un crime est commis dans le wagon reliant Stamboul à Calais. Hercule Poirot, le célèbre détective belge, voyageant dans le train par hasard, mène l’enquête.

Agatha Christie construit son roman de manière très méthodique, en trois parties. Dans un premier temps, elle installe la scène, plante le décor, laisse traîner des indices (une inquiétude quant au retard du train) ou des conversations suspectes (« quand l’affaire sera finie » lâche Miss Debenham au colonel Arbuthnot) et place son enquêteur, rappelé d’urgence pour une affaire à Londres. A la suite de l’assassinat de Ratchett, un Américain à l’allure peu sympathique, Poirot s’empare de l’affaire et fait défiler les voyageurs au wagon-restaurant. Enfin, alors que les déclarations semblent emmêler les fils plus que dénouer le crime, Poirot, en petit homme réfléchi, logique et minutieux, expose devant l’assemblée réunie, la clé de l’énigme.

Comme l’enquête, le texte est orchestré d’une main de maître. Agatha Christie installe l’atmosphère bourgeoise et cosmopolite propre à l’Orient-Express en y ajoutant sa touche personnelle : une psychologie travaillée des personnages et un humour pincé qui tourne en dérision les suspects tout autant que l’inspecteur, toujours présenté comme un petit homme ridicule. La linéarité du texte permet au lecteur de bien comprendre les rebondissements de l’intrigue et les mécanismes psychologiques qui ont conduit Poirot à dénouer l’affaire. La rigueur de la construction peut sembler manquer de saveur mais l’enquête est si fine qu’elle fait oublier la froideur du texte et explique l’immense succès de ce petit roman.

Agatha Christie. Le crime de l’Orient-Express. 1934

Cette lecture me permet de participer au défi de Blandine et Nathalie Cette année, je (re)lis des classiques !

Challenge

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Premières lignes #60

Calabre, 1905. Après avoir survécu au Grand Tremblement et vengé son honneur en tuant l’homme qui l’a déshonorée, la jeune Graziella quitte l’Italie. Accompagnée de son jeune frère Baldassare et de Mila, la petite fille de l’union maudite, elle part à la recherche de Tammaso, leur frère aîné. D’après de mystérieuses sources, le jeune homme travaillerait sur le port de Marseille. D’indices en intuitions, c’est le début d’une longue quête familiale.

Graziella, Baldassare et Mila forment un trio attachant qui n’a pas froid aux yeux malgré des ennemis qui payeraient pour avoir leur peau. Entre western méditerranéen et drame classique, Tous les bruits du monde est un beau roman initiatique, sans bon sentiment, et un joli hymne à l’amour fraternel.

Aristide Maillol. La Méditerranée. Bronze. 1905. Jardin des Tuileries, Paris.

« Tu le tues ou je te tue », avait dit le vieux Fernando Mancini à sa fille Graziella. Une âme chétive aurait sans doute ajouté une troisième alternative, la fuite. Mais toute fuite était inutile et Graziella n’était pas faite de ce bois-là. Après avoir soupesé le pour et le contre, elle choisit la première option, si tant est que le verbe choisir fût un mot connu à San Bosco. La messe était dite, elle tuerait Antelmo. Antelmo-le-beau, qui l’avait séduite, Antelmo-le-fourbe, qui l’avait demandée en mariage aux yeux du monde, du père Mancini et du Saint-Esprit, Antelmo-le-diable qui l’avait déshonorée, avant de se fiancer sans vergogne avec une fille de son village, cette dinde de Desolina. On ne plaisantait pas avec l’honneur des Mancini, et encore moins avec celui de Graziella Rosaria Speranza.

Sigrid Baffert. Tous les bruits du monde. 2018

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #12

Pause forcée, petite aventure entre inconnus… Paula Hawkins exploite l’aspect excitant des trajets en train dans son premier roman et best-seller (en ce moment au cinéma) La Fille du train dont un exemplaire se trouve enfin entre mes mains. Il y a deux ans, j’habitais en Anjou et je faisais la navette deux à trois fois par semaine entre Saumur et Angers. Ce choix de vie pendant quelques mois m’a été dicté, entre autres, par la curiosité : je voulais faire partie de ces gens qui prennent le TER tous les jours pour aller travailler. Matin, partant de plus en plus tard tout en craignant de rater l’Interloire de 8h37, je m’offrais une petite poussée d’adrénaline puis je finissais ma nuit bercée par le bruit du chemin de fer (c’est joli comme expression quand on y réfléchit…). Soir, je calculais la distance entre les petites gares : La Ménitré, Les Rosiers…, j’observais les passagers descendus monter dans leur voiture bien garée et j’écoutais les conversations des lycéens. L’été précédent, j’étais partie en Croatie en car et je n’ai jamais trouvé rien de plus excitant que de voyager plus de vingt heures avec des inconnus. On partage une aventure unique sans se connaître, on ne se reverra jamais. L’hiver dernier, j’ai voyagé en train couchette à l’aller et au retour dans le même compartiment qu’une autre passagère, elle ne m’a pas reconnue. Une fois, j’ai croisé une fille de mon âge le matin rive gauche, l’après-midi rive droite et on s’est souri. Dans Le Crime est notre affaire, la tante Babette est témoin d’un assassinat dans un train roulant à contresens, sur la voie contiguë. La Julieta d’Almodovar rencontre le père de sa fille dans un train. Dans La Fille du train, en observant chaque jour sa maison, Rachel apprend à connaître Jess-Megan sans l’avoir jamais rencontrée…

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Une pile de vêtements repose au bord de la voie ferrée. Un tissu bleu clair – une chemise, j’imagine – entortillé dans quelque chose d’un blanc sale. Ce sont probablement des vieux habits à jeter échappés d’un paquet balancé dans le petit bois miteux un peu plus haut, près de la berge. Peut-être que ce sont des ouvriers qui travaillent sur cette partie des rails qui les ont laissés là, ce ne serait pas la première fois. Peut-être que c’est autre chose. Ma mère répétait à l’envi que j’avais une imagination débordante.  Tom aussi me le disait. Je ne peux pas m’en empêcher : dès que j’aperçois des haillons abandonnés, un T-shirt sale ou une chaussure isolée, je pense à l’autre chaussure et aux pieds qu’elles enveloppaient.

Paula Hawkins. La Fille du train. 2015

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Normandie impressionniste : Préparation du voyage

Cette année, je participe avec une amie à la troisième édition du festival Normandie impressionniste. Tout l’été (du 16 avril au 26 septembre), la Normandie fête les peintres impressionnistes qui ont été ravis par ses bords de Seine et ses bords de mer. Conférences, ateliers, sons et lumières, expositions… : le Paradis pour les amateurs de peinture ! Et le jeu de mots Impressionniste / Impressionné permet d’élargir aux œuvres contemporaines. Il y en a pour tous les goûts : du bal musette au photomaton impressionniste en passant par la reconstitution de déjeuners sur l’herbe. Malgré la lassitude des praticiens pour qui l’impressionnisme est devenu la Thaïlande de la peinture : une usine touristique, nous allons tenter de profiter du spectacle sans pour autant ramener des graines de nymphéas.

Pour plus d’informations :

Claude Monet. Impression Soleil levant. 1874
Claude Monet. Impression Soleil levant. 1874

On révise √

Naissance de l’impressionnisme

Le mouvement impressionniste s’inscrit dans une réflexion philosophique sur le temps. On s’intéresse davantage au présent et on éprouve de la mélancolie à se connaître transitoire. La question de la fuite du temps se retrouve dans la représentation de la nature : on observe les changements climatiques au cours des saisons et les catastrophes naturelles.

L’impressionnisme trouve son influence dans les estampes japonaises dont Hokusaï est le grand maître. Le style de l’Ukiyo-e (« peinture du monde flottant ») est celui de la grâce, de la galanterie, de la légèreté et de la mode. On peint en série, différentes vues du mont Fuji par exemple.

Dans le domaine de la physique, Eugène Chevreul étudie la décomposition de la lumière et établit que les couleurs ne sont pas la propriété des choses.

L’impressionnisme est un art matérialiste conforme à une époque de scientisme et d’évolutionnisme.

Au milieu du XIXe siècle, l’invention des tubes de peinture permet aux artistes de sortir des ateliers.

Précurseurs : Charles François Daubigny (1817-1878) ; Johan Barthold Jongkind (1819-1891) ; Eugène Boudin né à Honfleur (1824-1898)

Dans la peinture impressionniste, la poésie des forces de la nature s’oppose à la poésie du progrès technique (les vues de la gare Saint-Lazare par exemple)

Le terme « Impressionnisme » vient du titre du tableau de Monet Impression Soleil Levant (1874)

Les dates du mouvement

1863 : Salon des Refusés (initiative de Napoléon III). Manet est voué à l’exécration. Idée qui ouvre l’histoire de l’art moderne : la peinture n’exprime rien d’autre qu’elle-même.

Monet, Manet, Renoir, Sisley, Bazille, Pissarro, Cézanne se donnent rendez-vous au café Guerbois, avenue de Clichy et font des séjours communs sur les bords de Seine.

1874 : Première exposition du groupe dans la galerie du photographe Nadar. Ce scandale est suivi d’une vente aux enchères catastrophiques (7 francs pour un Pissarro)

A partir de 1880 : quelques signes favorables de la part du monde intellectuel

1886 : Huitième et dernière exposition du groupe Impressionniste

1890 : Refus de l’Etat du don de l’Olympia de Manet

1894 : Refus du legs de Caillebotte

Quelques oppositions au sein du groupe : Degas, le Parisien d’origine aristocratique contre Pissarro, le discret anarchiste amoureux de la nature

Monet est le plus impressionniste des Impressionnistes. Il a réalisé une série de la cathédrale de Rouen. Il a offert à la France la série des Nymphéas peinte à Giverny et installée à l’Orangerie des Tuileries. Il meurt en 1926 quelques mois avant le vernissage officiel.

Les autres peintres se tournent vers d’autres mouvements picturaux : le pointillisme, le fauvisme, l’expressionnisme, le cubisme.

L’art impressionniste est une puissance de choc, une entrée dans l’art moderne qui rompt avec la conception de la peinture comme représentation du monde extérieur. Il sera encensé dès le siècle suivant.

D’après l’Encyclopédie Universalis

On étudie le trajet √

Sans titre

On consulte le site du festival pour préparer les visites √

On vérifie les réservations √

  • Appartement Centre ville Rouen
  • Maison Campagne normande

On prépare les valises √

Pour la plage :

  • Lunettes de soleil
  • Chapeau
  • Crème solaire
  • Drap de bain
  • Maillot de bain
  • Roman, Magazine

Pour la ville :

  • Appareil photo
  • Sac à dos
  • Carnet de notes
  • Carnet à dessin
  • Guide touristique

On consulte la météo : belle semaine √

Jardins d’Orient : De l’Alhambra au Taj Mahal

Une exposition qui invite au voyage

dans le temps et dans l’espace !

 

L’invitation au voyage

Mon enfant, ma soeur,
Songe à la douceur
D’aller là-bas vivre ensemble!
Aimer à loisir,
Aimer et mourir
Au pays qui te ressemble!
Les soleils mouillés
De ces ciels brouillés
Pour mon esprit ont les charmes
Si mystérieux
De tes traîtres yeux,
Brillant à travers leurs larmes.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Des meubles luisants,
Polis par les ans,
Décoreraient notre chambre;
Les plus rares fleurs
Mêlant leurs odeurs
Aux vagues senteurs de l’ambre,
Les riches plafonds,
Les miroirs profonds,
La splendeur orientale,
Tout y parlerait
À l’âme en secret
Sa douce langue natale.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Vois sur ces canaux
Dormir ces vaisseaux
Dont l’humeur est vagabonde;
C’est pour assouvir
Ton moindre désir
Qu’ils viennent du bout du monde.
— Les soleils couchants
Revêtent les champs,
Les canaux, la ville entière,
D’hyacinthe et d’or;
Le monde s’endort
Dans une chaude lumière.

Là, tout n’est qu’ordre et beauté,
Luxe, calme et volupté.

Charles Baudelaire

http://www.imarabe.org/exposition/jardins-d-orient