Premières lignes #57

C’est dans le quatrième tome de L’Arabe du futur que l’on apprend comment le petit Riad a perdu sa blondeur. De 1987 à 1992, entre la Bretagne et la Syrie, le jeune garçon vit une adolescence mouvementée. Les relations avec les autres ne sont pas tendres ; Riad tente de grandir dans une famille déchirée entre deux pays et deux cultures. Le cercle familial est mis à nu ; le portrait du père tyrannique et raciste n’est pas épargné. Heureusement l’humour et l’amour pour le dessin semblent toujours une porte de sortie.

Riad Sattouf. L’Arabe du futur 4. 2018

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

L’Arabe du futur 3

Riad Sattouf présente L’Arabe du futur 3 aux Rendez-vous de l’Histoire à Blois

Photo NR - Chloé Bossard
Photo NR – Chloé Bossard

Interrogé par Nadia Daam, Riad Sattouf impressionne par la multitude de souvenirs qu’il conserve en mémoire depuis l’âge de deux ans et qu’il organise dans la série à succès L’Arabe du futur. En exerçant la mémoire, certains souvenirs enfouis refont surface et les sens (l’odorat entre autres, l’odeur du vieil oncle par exemple) contribuent à faire advenir ce projet, en maturation depuis dix ans. Sattouf porte un regard acerbe sur lui-même : il se perçoit comme un troll qui aurait gardé les souvenirs de sa vie d’elfe. Car l’auteur, en sa jeunesse, était une somptuosité, un ange à la blondeur immaculée. Le basculement de l’elfe au troll sera expliqué dans le quatrième tome, Sattouf n’en révèle rien aujourd’hui. En parallèle, on s’interroge sur ces auteurs autobiographes entièrement bienveillants envers eux-mêmes, toujours magnifiquement dessinés. Rêvant, Riad suppose que la vie doit être autrement plus positive lorsqu’on est beau, quoiqu’une vie trop simple peut aussi avoir des aspects déprimants… Il se rappelle une anecdote : Longeant une rue parisienne, Sattouf se trouve dans les pas d’une jeune femme. Il ne voit que son dos mais il se rend compte que chaque passant la croisant (hommes âgés comme adolescentes) réagit à sa présence. Chez Marivaux, Marianne, d’un seul regard, suscite la jalousie des femmes et l’admiration des hommes. Quel pouvoir a la beauté !

Riad Sattouf évoque son enfance et reconnaît que c’est un sujet qui plaît aux lecteurs : universalité, douceur, nostalgie… même si « tous les enfants sont de droite ». Patrie et politique imprègnent l’œuvre et le discours du dessinateur-voyageur. Au salon du livre, il se demande (et demande discrètement) si ses lecteurs sont plutôt de gauche ou de droite. Sur soixante (parmi eux, 90% de professeurs d’histoire-géographie), un seul de droite (un ingénieur très gentil),  et le reste, massivement, à gauche (dont six-sept Mélenchon). Dans son oeuvre, les couleurs des drapeaux français, lybiens et syriens soulignent des moments dramatiques de l’histoire. Le jaune du soleil est associé à la Lybie, le bleu de la mer bretonne est associé à la France et le rouge de la terre, à la Syrie. Dans son enfance, par souci d’intégration, Riad s’est fait plus antisémite que les antisémites afin d’éviter qu’on le prenne pour un juif. La violence a été, en effet, très présente dans sa jeunesse, essentiellement envers les enfants et les animaux. Sattouf raconte comment ses camarades et lui-même apportaient des bâtons au maître d’école pour se faire battre.

Grandir sous une dictature mais surtout sous la tyrannie de son père, chef de famille à la pensée radicale. L’auteur évoque sa famille. Une mère et une grand-mère très encourageantes : enfant représentant Pompidou à l’âge de deux ans ; Riad meilleur dessinateur que Picasso lui-même (dommage que ce bon peintre se soit mis à représenter des ronds et des carrés…) ; artiste incompris, mal jugé par un jury de péquenots bretons, insultés par la mamie en colère, à l’occasion d’un concours de bande dessinée. Depuis, l’ego de Sattouf, dit-il, est devenu surdimensionné.

L’auteur développe quelques anecdotes relevées par la journaliste : la grenouille attachée à la roue de vélo, l’épreuve de la circoncision à l’âge de sept-huit ans, les roues carrées de la Mercedes.

La conférence se termine par un clin d’œil aux nombreux professeurs d’histoire-géographie présents (je suis content de vous voir mais je ne veux pas voir vos élèves, ils vont me demander combien je gagne, si je connais le mec qui fait Titeuf, ça me déprime, et les lycéens, c’est pire. Toutefois j’admire votre faculté à apercevoir chez vos élèves un intérêt profond) et par une expérience unique dans la belle salle des Etats généraux du château de Blois : le bruit de la pluie imité par le public tapotant son doigt contre sa paume accompagné par Sattouf filmant et soufflant le vent.

Riad Sattouf. L’Arabe du futur 3. 2016

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