Premières lignes #11

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Plage d’Arromanches avec les vestiges des pontons de débarquement, vue des hauteurs

Après la lecture harassante de trois mangas dont je ne prendrais pas la peine de parler, j’ai été agréablement surprise par ce petit bijou de la littérature jeunesse. Je l’ai lu d’une traite et j’ai refermé le livre avec la larme à l’oeil. Le premier chapitre m’a immédiatement séduite par la poésie de son écriture, presque jeu de langage. Les thèmes abordés dans ce court roman sont très émouvants : la maladie d’Alzheimer, la relation grand-père petite-fille, l’absence des parents, la seconde guerre mondiale, et en particulier le Débarquement des Américains sur les plages normandes. C’est Madeleine qui parle :

Il ne se souvient pas. Il ne se souvient de rien. Enfin… c’est pas tout à fait vrai. Il se souvient de loin. D’avant, il se souvient bien. De lui petit enfant, poussant, chenapan, devenu grand, jeune homme fringant, l’amour naissant, le travail prenant, ses trois enfants… Il s’en rappelle souvent, il s’en rappelle tout le temps. Après aussi, ça lui revient, même si c’est plus mêlé, et même tout mélangé : qui est né avant qui de ses petits-enfants, et son fils qu’habite où et sa fille qui vient quand et le petit qu’est-ce qu’il fait ? Le petit, c’est mon père.

Il fait plein de choses, ce petit gars qu’est son fils : il travaille à l’agence, il part en randonnée, il mange au restaurant, il divorce de maman… Ah oui, et puis aussi il fait le joli coeur auprès de l’une, l’autre, machine, trucmuche, je m’en fous.

Comme je me fous de ce qu’il fait en ce mois de juillet que je devais passer avec mon père, et que je passe avec le sien : mon grand-père qui se perd. Tout un mois passé dans son passé, à tenter de boucher les trous de sa mémoire-passoire, retenir les souvenirs qui lui coulent sur les joues, empêcher les noms de s’envoler, les mots de l’abandonner, toute sa vie de fuir et s’enfuir. A lui rappeler qui il est, à le rappeler à maintenant.

Rachel Hausfater. L’été des pas perdus. 2016

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Honfleur impressionniste

Le musée Eugène Boudin, fondé par Louis-Alexandre Dubourg et Eugène Boudin lui-même, se situe dans la chapelle de l’ancien couvent des Augustines, rue de l’Homme de bois.

L’exposition Etre jeune au temps des Impressionnistes (1860-1910) occupe les salles du premier étage, depuis la chapelle jusqu’à la vaste salle donnant vue sur l’estuaire à travers une large baie vitrée.

La période 1860-1910 couvre la grande époque de l’impressionnisme mais aussi les courants qui ont co-existé : académisme, réalisme, naturalisme, symbolisme, post-impressionnisme… Le choix des bornes chronologiques place le mouvement impressionniste dans le contexte de l’histoire de l’art.

La figure de l’enfant est mise à l’honneur cette année. A la fin du XIXe siècle, on commence à prendre en considération le développement de l’enfant ; les lois sur l’éducation en témoignent. L’enfant n’est plus simplement un adulte en devenir, c’est un être à part entière. En sciences, en sociologie, en art, en littérature, on s’intéresse aux bouleversements du passage de l’enfance à l’âge adulte. Réduite jusqu’à présent à la puberté, l’adolescence devient un sujet d’étude. Et le regard des artistes change. Fernand Pelez, peignant des enfants martyrs qui tentent de survivre dans la ville hostile, se fait porte-parole de la misère tandis que les peintres impressionnistes représentent des jeunes de la bonne société (souvent leurs enfants ou ceux de leurs amis) lisant sagement ou jouant au jardin, en toute insouciance, bonheur idyllique.

Alexandre Dubourg. Portrait d'un jeune garçon au chapeau bleu
Alexandre Dubourg. Portrait d’un jeune garçon au chapeau bleu
Fernand Pelez. Martyr ou le petit marchand de violettes.
Fernand Pelez. Martyr ou le petit marchand de violettes

L’exposition s’inscrit également dans la géographie : elle fait la part belle aux peintres normands : Felix Cals, Alexandre Dubourg, Ernest-Ange Duez, Jacques-Emile Blanche et bien sûr Eugène Boudin. Un cabinet lui est entièrement consacré. On y découvre ses natures mortes, ses paysages, ses vues d’Honfleur.

Il est intéressant de comparer les tableaux de Boudin à la ville elle-même. Port de pêche depuis le XVIe siècle, Honfleur a attiré les peintres impressionnistes qui y ont fait quelques séjours. Monet y a rendu visite à son maître.

Eugène Boudin. Le port d'Honfleur
Eugène Boudin. Le port d’Honfleur

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Loin du luxe tapageur de Deauville (de 700 à plus de 7000 euros la nuit à l’hôtel Normandy !), Honfleur respire les vacances tranquilles avec ses ruelles moyen-âgeuses, son église en bois au clocher séparé (la structure en bois n’aurait pas supporté le poids et le balancement des cloches), son petit port et ses places ombragées.

Boudin et Monet. L'église d'Honfleur
Boudin et Monet. L’église d’Honfleur

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Coup de coeur pour le cabinet des dessins au troisième étage du musée, petite salle intime où on regarde les dessins comme un tourne les pages d’un album photo : Eugène Boudin croque un personnage en un seul trait de plume !

Normandie impressionniste : Préparation du voyage

Cette année, je participe avec une amie à la troisième édition du festival Normandie impressionniste. Tout l’été (du 16 avril au 26 septembre), la Normandie fête les peintres impressionnistes qui ont été ravis par ses bords de Seine et ses bords de mer. Conférences, ateliers, sons et lumières, expositions… : le Paradis pour les amateurs de peinture ! Et le jeu de mots Impressionniste / Impressionné permet d’élargir aux œuvres contemporaines. Il y en a pour tous les goûts : du bal musette au photomaton impressionniste en passant par la reconstitution de déjeuners sur l’herbe. Malgré la lassitude des praticiens pour qui l’impressionnisme est devenu la Thaïlande de la peinture : une usine touristique, nous allons tenter de profiter du spectacle sans pour autant ramener des graines de nymphéas.

Pour plus d’informations :

Claude Monet. Impression Soleil levant. 1874
Claude Monet. Impression Soleil levant. 1874

On révise √

Naissance de l’impressionnisme

Le mouvement impressionniste s’inscrit dans une réflexion philosophique sur le temps. On s’intéresse davantage au présent et on éprouve de la mélancolie à se connaître transitoire. La question de la fuite du temps se retrouve dans la représentation de la nature : on observe les changements climatiques au cours des saisons et les catastrophes naturelles.

L’impressionnisme trouve son influence dans les estampes japonaises dont Hokusaï est le grand maître. Le style de l’Ukiyo-e (« peinture du monde flottant ») est celui de la grâce, de la galanterie, de la légèreté et de la mode. On peint en série, différentes vues du mont Fuji par exemple.

Dans le domaine de la physique, Eugène Chevreul étudie la décomposition de la lumière et établit que les couleurs ne sont pas la propriété des choses.

L’impressionnisme est un art matérialiste conforme à une époque de scientisme et d’évolutionnisme.

Au milieu du XIXe siècle, l’invention des tubes de peinture permet aux artistes de sortir des ateliers.

Précurseurs : Charles François Daubigny (1817-1878) ; Johan Barthold Jongkind (1819-1891) ; Eugène Boudin né à Honfleur (1824-1898)

Dans la peinture impressionniste, la poésie des forces de la nature s’oppose à la poésie du progrès technique (les vues de la gare Saint-Lazare par exemple)

Le terme « Impressionnisme » vient du titre du tableau de Monet Impression Soleil Levant (1874)

Les dates du mouvement

1863 : Salon des Refusés (initiative de Napoléon III). Manet est voué à l’exécration. Idée qui ouvre l’histoire de l’art moderne : la peinture n’exprime rien d’autre qu’elle-même.

Monet, Manet, Renoir, Sisley, Bazille, Pissarro, Cézanne se donnent rendez-vous au café Guerbois, avenue de Clichy et font des séjours communs sur les bords de Seine.

1874 : Première exposition du groupe dans la galerie du photographe Nadar. Ce scandale est suivi d’une vente aux enchères catastrophiques (7 francs pour un Pissarro)

A partir de 1880 : quelques signes favorables de la part du monde intellectuel

1886 : Huitième et dernière exposition du groupe Impressionniste

1890 : Refus de l’Etat du don de l’Olympia de Manet

1894 : Refus du legs de Caillebotte

Quelques oppositions au sein du groupe : Degas, le Parisien d’origine aristocratique contre Pissarro, le discret anarchiste amoureux de la nature

Monet est le plus impressionniste des Impressionnistes. Il a réalisé une série de la cathédrale de Rouen. Il a offert à la France la série des Nymphéas peinte à Giverny et installée à l’Orangerie des Tuileries. Il meurt en 1926 quelques mois avant le vernissage officiel.

Les autres peintres se tournent vers d’autres mouvements picturaux : le pointillisme, le fauvisme, l’expressionnisme, le cubisme.

L’art impressionniste est une puissance de choc, une entrée dans l’art moderne qui rompt avec la conception de la peinture comme représentation du monde extérieur. Il sera encensé dès le siècle suivant.

D’après l’Encyclopédie Universalis

On étudie le trajet √

Sans titre

On consulte le site du festival pour préparer les visites √

On vérifie les réservations √

  • Appartement Centre ville Rouen
  • Maison Campagne normande

On prépare les valises √

Pour la plage :

  • Lunettes de soleil
  • Chapeau
  • Crème solaire
  • Drap de bain
  • Maillot de bain
  • Roman, Magazine

Pour la ville :

  • Appareil photo
  • Sac à dos
  • Carnet de notes
  • Carnet à dessin
  • Guide touristique

On consulte la météo : belle semaine √