Normandie impressionniste : Préparation du voyage

Cette année, je participe avec une amie à la troisième édition du festival Normandie impressionniste. Tout l’été (du 16 avril au 26 septembre), la Normandie fête les peintres impressionnistes qui ont été ravis par ses bords de Seine et ses bords de mer. Conférences, ateliers, sons et lumières, expositions… : le Paradis pour les amateurs de peinture ! Et le jeu de mots Impressionniste / Impressionné permet d’élargir aux œuvres contemporaines. Il y en a pour tous les goûts : du bal musette au photomaton impressionniste en passant par la reconstitution de déjeuners sur l’herbe. Malgré la lassitude des praticiens pour qui l’impressionnisme est devenu la Thaïlande de la peinture : une usine touristique, nous allons tenter de profiter du spectacle sans pour autant ramener des graines de nymphéas.

Pour plus d’informations :

Claude Monet. Impression Soleil levant. 1874
Claude Monet. Impression Soleil levant. 1874

On révise √

Naissance de l’impressionnisme

Le mouvement impressionniste s’inscrit dans une réflexion philosophique sur le temps. On s’intéresse davantage au présent et on éprouve de la mélancolie à se connaître transitoire. La question de la fuite du temps se retrouve dans la représentation de la nature : on observe les changements climatiques au cours des saisons et les catastrophes naturelles.

L’impressionnisme trouve son influence dans les estampes japonaises dont Hokusaï est le grand maître. Le style de l’Ukiyo-e (« peinture du monde flottant ») est celui de la grâce, de la galanterie, de la légèreté et de la mode. On peint en série, différentes vues du mont Fuji par exemple.

Dans le domaine de la physique, Eugène Chevreul étudie la décomposition de la lumière et établit que les couleurs ne sont pas la propriété des choses.

L’impressionnisme est un art matérialiste conforme à une époque de scientisme et d’évolutionnisme.

Au milieu du XIXe siècle, l’invention des tubes de peinture permet aux artistes de sortir des ateliers.

Précurseurs : Charles François Daubigny (1817-1878) ; Johan Barthold Jongkind (1819-1891) ; Eugène Boudin né à Honfleur (1824-1898)

Dans la peinture impressionniste, la poésie des forces de la nature s’oppose à la poésie du progrès technique (les vues de la gare Saint-Lazare par exemple)

Le terme « Impressionnisme » vient du titre du tableau de Monet Impression Soleil Levant (1874)

Les dates du mouvement

1863 : Salon des Refusés (initiative de Napoléon III). Manet est voué à l’exécration. Idée qui ouvre l’histoire de l’art moderne : la peinture n’exprime rien d’autre qu’elle-même.

Monet, Manet, Renoir, Sisley, Bazille, Pissarro, Cézanne se donnent rendez-vous au café Guerbois, avenue de Clichy et font des séjours communs sur les bords de Seine.

1874 : Première exposition du groupe dans la galerie du photographe Nadar. Ce scandale est suivi d’une vente aux enchères catastrophiques (7 francs pour un Pissarro)

A partir de 1880 : quelques signes favorables de la part du monde intellectuel

1886 : Huitième et dernière exposition du groupe Impressionniste

1890 : Refus de l’Etat du don de l’Olympia de Manet

1894 : Refus du legs de Caillebotte

Quelques oppositions au sein du groupe : Degas, le Parisien d’origine aristocratique contre Pissarro, le discret anarchiste amoureux de la nature

Monet est le plus impressionniste des Impressionnistes. Il a réalisé une série de la cathédrale de Rouen. Il a offert à la France la série des Nymphéas peinte à Giverny et installée à l’Orangerie des Tuileries. Il meurt en 1926 quelques mois avant le vernissage officiel.

Les autres peintres se tournent vers d’autres mouvements picturaux : le pointillisme, le fauvisme, l’expressionnisme, le cubisme.

L’art impressionniste est une puissance de choc, une entrée dans l’art moderne qui rompt avec la conception de la peinture comme représentation du monde extérieur. Il sera encensé dès le siècle suivant.

D’après l’Encyclopédie Universalis

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Sans titre

On consulte le site du festival pour préparer les visites √

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  • Appartement Centre ville Rouen
  • Maison Campagne normande

On prépare les valises √

Pour la plage :

  • Lunettes de soleil
  • Chapeau
  • Crème solaire
  • Drap de bain
  • Maillot de bain
  • Roman, Magazine

Pour la ville :

  • Appareil photo
  • Sac à dos
  • Carnet de notes
  • Carnet à dessin
  • Guide touristique

On consulte la météo : belle semaine √

Julieta

Julieta s’apprête à quitter définitivement Madrid lorsqu’elle croise par hasard Beatriz, une amie d’enfance de sa fille Antia. Voilà treize ans qu’elle n’a plus de nouvelles de celle-ci et ce bref échange avec Beatriz bouleverse ses projets. Julieta quitte son appartement pour retrouver l’immeuble dans lequel elle vivait des années auparavant et, à travers une longue lettre adressée à Antia, se remémore les évènements douloureux de son passé qui ont conduit à la rupture du lien filial.

Pedro Almodovar croise les destinées et la vie apparaît parfois comme un éternel recommencement. Ce sont les femmes qui font l’histoire. Julieta enseigne la littérature antique et interroge ses élèves sur les acceptions du terme « mer ». La mer d’Ulysse, c’est « pontos », la haute mer, celle qui entraîne vers l’inconnu et l’aventure. C’est aussi celle qui fascine Xoan, père d’Antia, pêcheur rencontré dans un train. La première nuit du pêcheur et de l’enseignante, irréelle, floutée comme dans un songe, à la fois tragique et romantique, marquée au fer par la culpabilité, est une véritable bataille que livre l’amour contre la mort. Le couple Julieta – Xoan est un retour aux sources, une attirance primitive menée par le désir et la simplicité de la vie au bord de la mer. Nombreuses ont été les femmes ayant renoncé aux charmes de l’esprit au profit de la vérité de la nature. Comme Stella dans Un tramway nommé Désir, dans Cent ans de solitude, Rebecca abandonne le distingué Crespi au bénéfice de José Arcadio, la brute tatouée. Donnant à son film des allures de récit mythologique, Almodovar rend hommage à la poésie des origines, course fantastique à mi-chemin entre l’humain et l’animal, le regard du cerf croisé au bord des rails et disparaissant sous la neige, les traversées en mer, les vagues, la houle, la tempête, les péripéties qui entravent le retour d’Ulysse, les statuettes en bronze sculptées par la mystérieuse Ava.

En une heure et trente-neuf minutes seulement, Pedro Almodovar aborde avec finesse tous les sujets qui font la complexité et la beauté de la vie. Chaque lieu, chaque personnage est une porte ouverte sur des questions existentielles. Le cinéaste explore toutes les formes de l’amour : l’amour maternel, l’amour filial, l’amitié amoureuse, l’amour désir, l’amour exclusif, l’amour apaisé, l’amour interdit. Chaque personnage porte en lui sa propre tragédie : la maladie de la mère, celle d’Ana, celle d’Ava, la mort du père, l’amour si étouffé qu’il en devient malfaisant de Marian pour Xoan, la perte de l’enfant. Seul le père de Julieta parvient à renaître à travers sa relation à la fois scandaleuse, risible et réjouissante avec l’aide ménagère de sa femme malade. Il faudra que tu viennes rencontrer ton frère. Les personnes vivent en étroite relation avec les lieux qu’elles habitent : le compartiment du train de nuit, romanesque par excellence, les appartements madrilènes, la maison de pêcheur, celle des parents. Quitter un appartement, c’est effacer toute trace de l’être aimé disparu, y retourner, c’est renouer avec le passé. Les lieux relient les êtres, la correspondance scande le récit. Xoan envoie une lettre dans l’établissement où enseigne Julieta, Antia écrit à sa mère à la dernière adresse connue et laisse la sienne au dos de l’enveloppe, invitation aux retrouvailles. Tout au long du film, Julieta s’adresse à Antia à la deuxième personne du singulier. Le principe de la lettre, qu’elle soit envoyée ou gardée précieusement comme un journal intime, permet à la fois l’explication et l’introspection. Le retour dans le passé, s’il ne libère pas du poids de la culpabilité, délie les langues et apaise les liens tendus : Lorenzo, compagnon bienveillant de Julieta, trouve enfin sa place, tout en discrétion, auprès d’elle.

Pedro Almodovar brosse le portrait de femmes aux destinées brisées, écroulées par le poids de la culpabilité, qui n’en finissent pas d’expier leur faute. Les liens sont si étroits qu’ils implosent. L’actrice se métamorphose sous une serviette de toilette, les rides se creusent sous le poids de la souffrance et du manque. Il faudra un nouveau drame, une nouvelle culpabilité pour que le lien filial renaisse. Julieta, Antia, Ava, trio de femmes coupables, tantôt amies, tantôt ennemies, interrogent, tout en élégance, sur l’amour et la mort, le désir et le manque, la beauté de la gravité.

 

Katsushika Hokusai. La Vague. Vers 1929.
Katsushika Hokusai. La Vague. Vers 1929.

Pedro Almodovar. Julieta. Avec Emma Suàrez, Adriana Ugarte, Daniel Grao, Inma Cuesta, Dario Grandinetti. 2016