Premières lignes #87

La narratrice raconte l’histoire de sa grand-mère : une fascinante Sarde à la vie simple mais à l’esprit en fusion. L’héroïne grandit dans une famille modeste, trime aux champs mais rêve d’amour et de sensualité. Souffrant de crises qui la font passer pour folle et de « ce mal mystérieux qui éloigne l’amour », la jeune femme n’épouse que tardivement le grand-père de la narratrice. Le roman s’articule autour d’un épisode marquant : la rencontre sur le Continent, lors d’une cure, avec celui que l’on appelle « le Rescapé ». Cet homme révèle l’héroïne à elle-même.

Mal de pierre est un roman mélancolique qui plonge le lecteur dans la Sardaigne de l’après Seconde guerre mondiale. La lecture est fluide et on s’attache à cette personnalité triste et émouvante qui a le sentiment d’avoir manqué sa vie.

Louis Garrel et Marion Cotillard Dans Mal de pierres de Nicole Garcia (2016)

Grand-mère connut le Rescapé à l’automne 1950. C’était la première fois qu’elle quittait Cagliari pour aller sur le Continent. Elle approchait des quarante ans sans enfants, car son mali de is perdas, le mal de pierre, avait interrompu toutes ses grossesses. On l’avait donc envoyée en cure thermale, dans son manteau droit et ses bottines à lacets, munie de la valise avec laquelle son mari, fuyant les bombardements, était arrivé dans leur village.

Milena Agus. Mal de pierre. 2006

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.