Premières lignes #34

Antoinette vient d’avoir quatorze ans et s’impatiente de faire son entrée dans le monde, de vivre enfin, de se parer et de rencontrer des hommes. Le bal qu’organisent ses parents, les Kampf, est l’occasion rêvée pour faire son apparition. Alors qu’on interdit à la jeune fille d’assister à la soirée, ne serait-ce qu’un quart d’heure, Antoinette, par jalousie et par dépit, prépare sa vengeance.

Dans la lignée des nouvelles de Maupassant, Irène Némirovsky propose un conte cruel sur la violence de l’adolescence et l’égoïsme de l’amour, les sentiments des enfants contre la soif de vie, le besoin maladif de reconnaissance des parents, ces « nouveaux riches » qui étalent leur richesse, enfouissent la misère de leur jeunesse sous leurs provocantes dépenses et délaissent leur famille au profit de relations mondaines falsifiées.

François Batet (1921-2015)

Mme Kampf entra dans la salle d’études en fermant si brusquement la porte derrière elle que le lustre de cristal sonna, de toutes ses pendeloques agitées par le courant d’air, avec un bruit pur et léger de grelot. Mais Antoinette n’avait pas cessé de lire, courbée si bas sur son pupitre, qu’elle touchait la page des cheveux. Sa mère la considéra un moment sans parler ; puis elle vint se planter devant elle, les mains croisées sur sa poitrine. « Tu pourrais, lui cria-t-elle, te déranger quand tu vois ta mère, mon enfant. Non ? Tu as le derrière collé sur ta chaise ? Comme c’est distingué… Où est miss Betty ? »

Irène Némirovsky. Le bal. 1930

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

#1 Panier

Découvert la semaine dernière grâce à une copine-collègue-blogueuse, le projet 52 de Ma’. Première participation pour moi sur le thème : panier.

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