Premières lignes #50

Dans la commune de King’s Abbot, Roger Ackroyd, riche industriel, vient d’être assassiné dans son cabinet de travail après avoir reçu une mystérieuse lettre… Le détective belge Hercule Poirot, venu s’installer dans cette commune britannique, mène l’enquête accompagné du docteur Sheppard, narrateur du récit.

Agatha Christie brouille les pistes jusqu’au dénouement de l’histoire et l’enquête glisse du policier au littéraire : l’auteur joue avec les points de vue, les non-dits et les mensonges par omission et ne laisse rien au hasard.

Mme Ferrars mourut dans la nuit du seize au dix-sept septembre, un jeudi. On me fit appeler le vendredi matin à huit heures précises. Il n’y avait plus rien à faire, la mort remontait à plusieurs heures. Il n’était guère plus de neuf heures quand je regagnai mon domicile. J’entrai par la porte principale et pris délibérément mon temps pour suspendre mes vêtements au porte-manteaux du vestibule, mon chapeau d’abord puis le pardessus léger que j’avais jugé prudent de me munir, les matinées sont fraîches au début de l’automne. A dire vrai, j’étais assez préoccupé pour ne pas dire inquiet. Je n’irai pas jusqu’à prétendre qu’à cet instant je prévoyais déjà les évènements que me réservaient les semaines suivantes, j’en étais même fort loin, mais mon instinct me soufflait que ma tranquillité était gravement menacée.

Agatha Christie. Le meurtre de Roger Ackroyd. 1926

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

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