Premières lignes #58

Inspiré d’un fait divers survenu en 1856, Beloved retrace l’histoire de Sethe, une ancienne esclave du Kentucky qui a tué sa petite fille pour qu’elle échappe à son destin malheureux. Plusieurs années après la tragédie, le passé refait surface sous les traits du fantôme de la fillette, devenue jeune femme, et ceux de Paul D., ancien esclave qui avait trimé au Bon-Abri auprès de Sethe et de son mari disparu. La nouvelle famille tente de survivre parmi les morts, les disparus et les fantômes. Un roman difficile (tant l’écriture que le sujet) mais profond sur les souffrances physiques et morales infligées par la privation de liberté.

Lu dans le cadre du Club de Lecture de la Duchesse !

Le 124 était habité de malveillance. Imprégné de la malédiction d’un bébé. Les femmes de la maison le savaient, et les enfants aussi. Pendant des années, chacun s’accommoda à sa manière de cette méchanceté ; puis, à partir de 1873, il n’y eu plus que Sethe et sa fille Denver à en être victimes. La grand-mère, Baby Suggs, était morte et les fils, Howard et Buglar s’étaient enfuis à l’âge de treize ans, l’un, le jour où un simple regard sur un miroir le fit voler en éclats (ce fut le signal pour Buglar) ; l’autre, le jour où l’empreinte de deux petits mains apparut sur le gâteau (cela décida Howard). Aucun des deux garçons n’attendit d’en voir davantage.

Toni Morrison. Beloved. 1987

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.