Premières lignes #79

Mafalda raconte avec sa petite voix d’enfant la période de sa vie au cours de laquelle sa vue a baissé jusqu’à la cécité. Chaque chapitre est annoncé par la distance maximale à laquelle la fillette de neuf ans peut voir nettement le cerisier de la cour de l’école et cette distance se réduit inexorablement. Dans son malheur, Mafalda est bien entourée : des parents aimants, un bon camarade de classe, un chat sympathique et une passion pour le football. Du haut de mon cerisier interroge tout en délicatesse et à hauteur d’enfant sur des sujets très profonds : la cécité et plus largement le handicap, la maladie mais aussi l’amour et l’amitié.

Berthe Morisot. Le cerisier [détail]. 1891. Musée Marmottan-Monet.

Tous les enfants ont peur du noir. Le noir, c’est une pièce sans porte ni fenêtres, avec des monstres qui t’attrapent et te mangent en silence. Moi je n’ai peur que de mon noir à moi, celui que j’ai dans les yeux. Je ne l’invente pas. Si je l’inventais, maman ne m’achèterait pas des gâteaux en forme de pêche à la crème et à la liqueur, et elle ne me permettrait pas de les manger avant le dîner. Si tout allait bien, papa ne se cacherait pas dans la salle de bains comme il le fait quand il parle à la propriétaire de l’appartement, qui appelle toujours pour donner de mauvaises nouvelles.

Paola Peretti. Du haut de mon cerisier. 2019

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Graine de star au collège !

En bonne commère, je n’ai pas réussi à garder secrète plus de dix minutes cette nouvelle que je viens d’apprendre (je ne sais pas comment ma collègue a pu garder ça pour elle pendant plus d’un mois) : Ghillas (prononcer Rrilès) Bendjoudi de la classe de 6e3 joue le rôle principal d’un film qui sort le 4 janvier au cinéma. Ca m’a rappelé le petit Jules Sitruk, revu récemment dans Vipère au poing, il était mignon. Niveau potin, je viens aussi d’apprendre que Fréro Delavaga se sépare mais assure sa tournée (à l’aube des trente ans, Flo’ veut fonder une famille, Jérémy est déchiré). Les secrétaires ont même reconnu les locaux de l’école du secteur. Après avoir été envahis par l’équipe de tournage des Beaux Gosses, nous voilà proches d’une graine d’acteur !

Mais je tente de relativiser cette nouvelle : faut bien que les acteurs soient passés dans un collège ou un autre, vu que l’école est obligatoire jusqu’à seize ans ; ça se trouve il ne va tourner qu’un film et on n’entendra jamais parler de lui ; et puis tout le monde connaît quelqu’un qui a côtoyé une future personnalité : un ami de mon père a eu David Douillet en cours, une collègue de ma mère a été l’institutrice de Julian Bugier, la mère d’une amie était en classe avec Marc Lavoine. En règle générale, les souvenirs d’école ne sont pas très glorieux… J’imagine bien le petit Ghillas, dans quinze ans : « Je n’étais pas un élève modèle. »

Pour ma part, au cas où il deviendrait célèbre, je déclare qu’en ce mardi 22 novembre 2016, Ghillas Bendjoudi a réalisé un exposé sur les grenouilles.

Hélène Angel. Primaire. Avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Ghillas Bendjoudi. 2017