Le crime de l’Orient-Express

A bord de l’Orient-Express, ce train mythique qui traverse l’Europe, par une nuit d’hiver enneigée, un crime est commis dans le wagon reliant Stamboul à Calais. Hercule Poirot, le célèbre détective belge, voyageant dans le train par hasard, mène l’enquête.

Agatha Christie construit son roman de manière très méthodique, en trois parties. Dans un premier temps, elle installe la scène, plante le décor, laisse traîner des indices (une inquiétude quant au retard du train) ou des conversations suspectes (« quand l’affaire sera finie » lâche Miss Debenham au colonel Arbuthnot) et place son enquêteur, rappelé d’urgence pour une affaire à Londres. A la suite de l’assassinat de Ratchett, un Américain à l’allure peu sympathique, Poirot s’empare de l’affaire et fait défiler les voyageurs au wagon-restaurant. Enfin, alors que les déclarations semblent emmêler les fils plus que dénouer le crime, Poirot, en petit homme réfléchi, logique et minutieux, expose devant l’assemblée réunie, la clé de l’énigme.

Comme l’enquête, le texte est orchestré d’une main de maître. Agatha Christie installe l’atmosphère bourgeoise et cosmopolite propre à l’Orient-Express en y ajoutant sa touche personnelle : une psychologie travaillée des personnages et un humour pincé qui tourne en dérision les suspects tout autant que l’inspecteur, toujours présenté comme un petit homme ridicule. La linéarité du texte permet au lecteur de bien comprendre les rebondissements de l’intrigue et les mécanismes psychologiques qui ont conduit Poirot à dénouer l’affaire. La rigueur de la construction peut sembler manquer de saveur mais l’enquête est si fine qu’elle fait oublier la froideur du texte et explique l’immense succès de ce petit roman.

Agatha Christie. Le crime de l’Orient-Express. 1934

Cette lecture me permet de participer au défi de Blandine et Nathalie Cette année, je (re)lis des classiques !

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