Cours d’Etegami

Ça faisait un petit moment déjà que les stages de Quartier Japon nous faisaient de l’œil, à moi et à ma copine Marie-Anne. On avait déjà été séduites par la dégustation de thé que nous avait conseillée le directeur de l’école japonaise. Mais en cette fin d’année, ce sont de travaux manuels dont on avait envie.

L’école se situe au fond d’une cours très calme qui donne sur la rue de Clichy. Mariko nous accueille dans une salle de classe (le cadre très scolaire sera le seul bémol) et commence très ponctuellement son cours. L’art de l’etegami (littéralement lettre et dessin) est traditionnel au Japon : il est courant d’envoyer à ses proches des pensées personnalisées et illustrées tout au long de l’année. Mariko nous présente une multitude d’exemples, ses créations, étalés au bord des tables.

Avant de commencer à calligraphier, il faut fabriquer son sceau, la signature que l’on apposera sur nos cartes. Il s’agit de creuser dans un morceau de gomme son initiale japonaise en miroir. Mon é est assez simple puisqu’il est symétrique et rectiligne, plus compliqué pour le ma de Marie-Anne. On s’entraîne ensuite à manier le pinceau à calligraphie et l’encre de Chine. Il faut toujours commencer par les contours à l’encre, ensuite on remplit. Pas facile de maîtriser le trait fin et l’exercice de la spirale s’avère bien difficile.

Mariko nous propose de dessiner des fruits de saison qu’elle a apportés, le contour de nos mains ou l’objet de notre imagination. Après l’appréhension du dessin sans trait de crayon préalable, après plusieurs essais au brouillon et le choix de notre sujet, nous commençons la réalisation de nos cartes. La concentration impose le silence au groupe, l’atmosphère devient très calme, presque zen et chacun se doit de chuchoter. Le passage à la couleur fait exploser les créativités. Les choix des teintes, l’intensité de la couleur et les mélanges donnent des résultats très différents. Pour cela, nous utilisons des tubes d’aquarelle et des pinceaux à réservoir d’eau très faciles à manier.

J’ai choisi une composition avec les fruits apportés par Mariko et une création plus épurée : un oiseau bleu sur une branche de cerisier. Mariko nous traduit quelques expressions et les caractères japonais donnent encore plus de style à nos dessins. Les deux heures passent à toute allure et nous repartons avec notre sceau et deux cartes personnelles.

Difficile de quitter cette ambiance. Marie-Anne et moi terminons l’après-midi dans un salon de thé asiatique rue de la Lafayette qui propose une large gamme de desserts et de thés de toute sorte dans une ambiance chaleureuse et atypique (coup de cœur pour les éventails accrochés au pied des tables, bien utiles en cas de fortes chaleurs).

 

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Noël à Colmar

A Colmar, on mêle histoire de l’art et artisanat. Les marchés de Noël sont répartis dans la ville ; les artisans font la démonstration de leur art ; la ville s’illumine à 16h30 (c’est drôle comme il fait nuit plus tôt dans l’est). La ville est plus petite que Strasbourg et les charmants chalets respirent la tradition.

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Colmar accueille le musée Unterlinden rénové depuis 2015 par Herzog et de Meuron. Les deux architectes ont conçu une galerie souterraine permettant de relier le cloître au couvent des Dominicains et d’avancer dans le temps depuis le Moyen-Age jusqu’à l’époque contemporaine en passant par la Renaissance. Le cloître abrite le chef-d’œuvre de la collection du musée : le retable d’Issenheim (1512-1516) réalisé par Mathias Grünewald et Nicolas de Haguenau. Celui-ci est présenté dans un écrin de blancheur, au regard de tableaux de la même époque pour en magnifier la modernité. Les panneaux sont décloisonnés et chaque scène à son unicité. Le Christ en croix impressionne par l’expressivité de ses traits. Accrochées au mur du cloître, des maquettes permettent de se rendre compte de l’objet retable en ouvrant et fermant les deux séries de pans de bois, devant lesquelles les malades d’Issenheim défilaient pour espérer la guérison.

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Bilan du séjour :

  • Des discussions, des rires
  • Du thé, des épices, des sablés
  • Des décorations de Noël artisanales
  • Des couches de vêtements
  • Des trajets en train
  • Des légendes alsaciennes
  • Des découvertes culturelles
  • De belles photos, des souvenirs
  • Et surtout… la satisfaction d’un voyage en féérie, comme hors du temps..

Noël, c’est aussi à Strasbourg !

Strasbourg, capitale de Noël

Moi, j’adore Noël. Et la féérie alsacienne à cette époque me faisait rêver depuis quelques années. Partir à Strasbourg pendant les vacances de Noël, ce n’est pas très original. Résultat : il a fallu anticiper pour réserver le TGV et louer un petit studio.

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Une fois le pont menant au centre-ville emprunté et le barrage de sécurité franchi, on laisse de côté soucis et drames du quotidien pour s’imprégner de la magie de Noël. Les marchés de Noël sont répartis sur les différentes places de la ville selon leur spécialité.

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Les chalets du quartier du château ravissent nos papilles, ceux de la place Broglie nous permettent de décorer nos intérieurs, le marché de la place Gutenberg fait la part belle aux produits portugais, nationalité invitée cette année, celui du carré d’or fait rêver par le raffinement des produits exposés tandis que la place Kléber accueille des associations et arbore fièrement son sapin de trente mètres de haut.

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Pas toujours évident de distinguer les produits industriels des objets issus de l’artisanat. J’ai dû inventer une troisième catégorie : le made in china qui imite l’authentique. Le bourru à qui j’ai demandé où étaient fabriquées ses boules à neige : Ca dépend desquels ! En Allemagne ! Et mon portable, il vient de Chine ! J’aurais dû répondre Je n’ai pas l’intention de vous l’acheter ou Mais votre portable, vous ne le vendez pas sur le marché de Noël de Strasbourg. Au lieu de ça, j’ai haussé les épaules.

Et partout, ce sont des spécialités à déguster : vin chaud épicé, parts de choucroute ou de spaëtzel, des tartes ou baguettes flambées, des bretzels salés ou sucrés, du pain d’épices et toutes sortes de bredele.

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La magie de Noël opère véritablement à la tombée de la nuit lorsque les rues aux décors scintillants s’illuminent. Chaque boutique possède ses propres décorations : guirlandes, feuillage, sapin, installations lumineuses, véritables scènes de Noël dans les vitrines…

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La féérie est la norme. La rue des Orfèvres qui mène de la place du marché neuf jusqu’à la place de la cathédrale émerveille par la démesure élégante des décors de part et d’autre des façades.

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C’est aussi l’occasion de (re)visiter le centre de Strasbourg :

  • Se laisser surprendre par le caractère imposant de la cathédrale Notre-Dame au sortir de la rue Mercière, rêver à ses chiffres : 142 mètres de haut, deux siècles de construction, pas plus de 40 ouvriers sur le chantier
  • Chercher le petit chien des étudiants à l’intérieur de la cathédrale, se pencher vers l’horloge astronomique, mesurer de l’œil le pilier des anges
  • Traverser le quartier de la petite France, mal fréquenté jusqu’au 19e siècle, qui accueillait les malades de la syphilis, le mal venu de France
  • Visiter le musée Tomi Ungerer, illustrateur strasbourgeois (Les trois brigands), et découvrir une part méconnue de sa production…

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Noël en Alsace, c’est aussi :

  • Manger du pain d’épices au petit déjeuner
  • Boire des litres de thé de Noël
  • Grignoter du chocolat toute la journée
  • Regarder des téléfilms qui finissent bien, l’après-midi et des films de Noël, le soir (avoir la chanson de La Reine des Neiges dans la tête)

Noël, c’est aussi à Colmar !

A la table de la marquise de Pompadour !

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J’ai rencontré Michèle Villemur au salon du livre des Rendez-vous de l’Histoire de Blois. Petite dame bien apprêtée : cheveux blonds bien lissés, bouche rouge, yeux bleus rehaussés d’un trait d’eye-liner taupe (je veux lui ressembler à son âge). Douce et joyeuse, elle associe son travail d’écrivain à un seul mot : le plaisir. Plaisir de réaliser une oeuvre personnelle et plaisir d’admirer le travail accompli. Pourtant, difficile d’être sûr de soi lorsqu’on se lance dans un projet d’écriture, de gagner la confiance des éditeurs et de s’imposer dans le milieu surtout en tant que femme. Mais Villemur, bien entourée (correcteurs et conservateurs du domaine de Versailles), croit en son idée. De très nombreux ouvrages ont déjà été publiés sur la Pompadour mais l’auteur, après A la table de Marie-Antoinette, a su trouver l’angle, dit-on dans le jargon journalistique, pour aborder la délicieuse marquise. La journaliste gastronomique présente fièrement son 32e livre, son dernier bébé, succès auquel personne ne croyait.

Conversations gourmandes avec Madame de Pompadour est à la fois un beau livre, un livre de recettes (à ne pas laisser se salir dans la cuisine !) et un document à valeur historique sur la maîtresse en titre de Louis XV. Iconographie, gastronomie, Histoire, voilà les domaines d’études de la journaliste. Jeanne-Antoinette Poisson a séduit le roi par sa beauté et son intelligence et a conquis la cour, conseillère en terme de mode comme en politique ou en philosophie. La jeune femme a imposé le goût français et l’art de la table (on lui doit le champagne et les truffes, les menus ornés, les belles porcelaines). Villemur propose un livre à trois chapitres (Versailles, Choisy-le-Roi et Paris) selon les lieux fréquentés par la marquise, eux-mêmes divisés en entrées, plats et desserts. Langoustines sauce beurre à la vanille Bourbon, Saint-Jacques aux petits oignons caramélisés, mousse de colin sur lit de courgettes… Champignons, groseilles, huitres, blé, pommes, navets… Des menus de réception réalisés avec des ingrédients simples, faciles à trouver (même si on ne peut pas tous les présenter dans des plats en porcelaine de Sèvres) : voici la recette efficace de ce beau livre magnifiquement illustré (François Boucher, Quentin de la Tour, Louis-Michel van Loo…).

Expérimentation en images :

Bonne surprise #1

Avec ma copine collègue blogueuse cuisinière Une Comète du blog Aux Bouquins garnis, on réfléchit au menu depuis des semaines et on a toutes les deux eu un coup de coeur pour les Boulettes de pigeon, écrasée de topinambours.

On se répartit les ingrédients et après un bon petit menu vapeur acheté chez le traiteur chinois du coin, on se met aux fourneaux !

Déception #1

Les pigeons, c’est tout petit et ça coûte très cher !! On va faire combien de boulettes avec ça ?

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Bonne surprise #2

On prépare notre écrasée de légumes (pour nous, ce sera navets et carottes) et notre jus de viande.

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Déception #2

La future purée ne cuit pas … (mais ça, c’est pas la faute de Mme de Pompadour)

Déception #3

On va quand même pas jeter tout le contenu de la casserole pour récupérer l’équivalent d’une tasse à café de jus ???!!!!

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Déception #4

On est censée saisir la chair hachée… Le doute commence à s’installer mais on fait confiance à la Pompadour. On aurait plutôt dû suivre notre instinct. Évidemment, impossible de faire une boulette avec de la viande hachée, d’autant plus s’il faut la mélanger avec de la menthe et des pignons… Ma grande cuisinière de copine s’interroge sur une aberration pareille : il aurait fallu rouler les boulettes avant de saisir la viande, bien sûr ! On a eu beau relire trois fois chacune la recette, on ne comprend toujours pas …

Note : ne jamais mettre son esprit critique de côté lorsqu’on fait une recette.

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L’heure est grave : l’échec est latent.

Bonne surprise #3

Après un moment de découragement, on refait marcher les cerveaux et on est pleines de ressources et d’imagination : les légumes finissent par cuire, on en fait une purée ! On garde les ingrédients du jus, on mixe le tout et on fait une soupe ! On finit de cuire la viande hachée… c’est pas très beau mais c’est sûrement très bon !

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Bonne surprise #4

On tente le petit dessert tout basique histoire de terminer l’après-midi par une réussite : brochettes de fruits. Mais échaudées, on simplifie davantage : un seul fruit, l’ananas et pas de brochette, juste une petite salade dans un bol. Inratable.

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Bilan

Autant de bonnes surprises que de déceptions.

On devait faire des boulettes de pigeons, un écrasée de topinambours et des brochettes de fruits… On a fait une purée de navets, une soupe de légumes, une bouillie de viande et une salade d’ananas…

On a tenté de suivre la seule recette qui n’était pas illustrée… ça nous intrigue. Madame de Pompadour mettait-elle la main à la pâte ou se contentait-elle d’orner les menus ? Madame Villemur a t-elle soumis toutes les recettes aux cuisiniers ?

Un ratage culinaire pour nous mais une bonne après-midi entre copines (malgré un coup de mou qui nous a plus fatigué que deux heures de zumba) et des frigos remplis de petites boîtes !

Pour lire la recette à la sauce Comète, consultez Aux Bouquins garnis !

Michèle Villemur. Conversations gourmandes avec madame de Pompadour. 2016

Semaine du goût !

Cette semaine, on célèbre le goût, on rend hommage à nos papilles, et on salive devant les recettes des copines ! Chez nous, on voyage sur la route des épices. Pour ma part, j’ai choisi le cumin, une épice originaire du Proche-Orient qui relève à merveille une recette sucré-salé proposée par Mélanie Martin.

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Café des chats

J’ai profité de la visite de ma sœur ce week-end pour prendre un goûter au fameux Café des Chats ouvert depuis 2013. Le salon de thé se situe au 9 rue Sedaine (métro Bréguet-Sabin mais on dit Bastille, ça fait plus branché). Ma sœur et moi, on perd toute dignité devant ces mignonnes petits boules de poils. Pas de réservation possible, notre hantise : qu’il n’y ait plus de places. On attend devant le salon vingt petites minutes pendant que les passants se demandent ce qu’on fait là (ah oui c’est le bar à chats !), on regarde les chats à travers la vitrine, on guette chaque mouvement, et n’étant que deux, on passe devant les deux groupes de quatre personnes qui attendaient avant nous (mais pas de scrupules, ils sont rentrés dans les cinq minutes suivantes). On est installées à une petite table de bistrot, pas de fauteuil confortable, rien d’attirant pour un chat. On est finalement déplacées (pour laisser la place à un des deux groupes de quatre), toujours une table de bistrot mais plus centrale et les chats circulent autour de nous, plus qu’à tendre la main.

On commande un chocolat gourmand : un bon chocolat chaud (la tablette fondue quoi), une panna cotta, un mi-cuit au chocolat et une part de cake au thé matcha). La carte est plutôt variée : petits plats et desserts faits maison, boissons chaudes, fraiches, vins, brunchs le week-end.

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Mais ce sont pour les mignons pensionnaires qu’on vient ici. Certains sont affalés sur les fauteuils (interdiction formelle de déranger un chat !). Quelques uns circulent entre les tables.

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D’autres s’amusent : un chapeau, une ficelle, l’arbre à chats, les petits parcours installés à travers le salon.

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Des petits malins ont trouvé la bonne planque pour échapper aux jeux et aux caresses.

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Ici, on est comme à la maison, et les chats aussi. Animaux abandonnés, ils ont tous été recueillis par le salon ces dernières années. Chacun a son nom (Zeus, Apollon, Rémus et Romulus, Bastet, Izmir…), son histoire, son caractère.

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Atmosphère joyeuse et familiale dans le café-maison. Décidément les chats apaisent les tensions et attirent les bonnes ondes.

Un ano con Almodovar : Avis aux cinéphiles !

Le mois de septembre rime avec fin de l’été et rentrée scolaire, mais aussi (après le petit coup de mou habituel) avec nouvelles idées et nouveaux projets. De notre côté, le changement de saison fait bouillonner nos cerveaux. Ma copine-collègue-blogueuse Une Comète du blog Aux bouquins garnis et moi nous lançons dans un projet 12 Cinéma. Julieta (le film de l’année !) nous a donné envie de passer Un año con Almódovar et de voir ou revoir les chefs-d’oeuvre plus ou moins connus du grand maître espagnol.

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Chaque mois, nous visionnons un film et rédigeons un billet.

Voici la liste des films choisis en commun et le calendrier des publications pour l’année à venir (octobre 2016 à septembre 2017) :

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Le projet est ouvert à tous.