Le Comte de Monte-Cristo

Edmond Dantès est un jeune marin destiné à une vie joyeuse : un père aimant, un armateur satisfait de son travail et surtout un mariage prochain avec la jeune fille qu’il aime. C’est sans compter les jaloux et les ambitieux qui dénoncent Edmond comme dangereux espion bonapartiste et l’envoient dans les prisons du château d’If, une île au large de Marseille. A sa sortie de prison, Dantès devient le puissant, impénétrable et fantasque comte de Monte-Cristo bien déterminé à mener à bien sa terrible vengeance.

Le Comte de Monte-Cristo est un roman d’aventure populaire, comme en témoignent son succès commercial et l’engouement des lecteurs du feuilleton paru entre 1844 et 1846. Il s’agit à la fois d’un roman à intrigues et d’un tableau de mœurs. On y côtoie des bergers devenus brigands, des pachas, des abbés, des rescapés du bagne, mais aussi des Pairs de France, des banquiers, des femmes du monde. On assiste à des évasions, des demandes de rançon, des découvertes de trésors mais aussi à des spectacles, des dîners, des bals du Paris à la mode. Dumas fait voyager le lecteur sur les routes de France et d’Italie et dans l’imaginaire oriental cher aux artistes du XIXe siècle. L’auteur a su implanter à merveille les codes du roman d’aventure bien connus des lecteurs de son temps dans le contexte social, politique et culturel du Paris du XIXe siècle. S’identifier et s’évader, voilà les clés d’un succès amplement mérité.

Ile de Monte-Cristo, Toscane

Tout est logique, cohérent, minutieusement construit. Edmond Dantès entre et sort de prison un 28 février, récompense et se révèle à la famille Morrel un 5 septembre, donne des rendez-vous jour pour jour à Albert et Maximilien. Monte-Cristo blesse là où ça fait mal : l’argent, l’honneur, la loi, mais, en souvenir de Mercédès et de son père, il respecte au plus haut point l’amour conjugal et l’amour filial. Le puissant comte se désigne bras armé d’un Dieu qui récompense les Bons et punit les Méchants. Pour satisfaire sa terrible entreprise, s’appuyant sur secrets, failles et erreurs, il resserre les mailles du filet autour de ceux qui ont causé le malheur du jeune marin. Personnages et situations sont corrélés les uns aux autres par un démiurge maléfique qui ne trouvera la paix qu’après la vengeance accomplie, quels que soient les dommages collatéraux.

Même si les personnages tiennent plus du caractère que de la psychologie finement élaborée (l’homme d’honneur, l’ami loyal, l’amante soumise, la jeune fille pure, l’empoisonneuse, l’artiste…), Dumas sait construire un réseau de personnages intéressants autour de Monte-Cristo et nous donne régulièrement accès à leur intériorité. Quant au comte, il est admirable dans son intelligence et sa générosité, effrayant dans son désir démesuré de vengeance et touchant dans ses doutes et ses troubles lorsque l’amour s’en mêle. Un grand héros romanesque qu’on a de la peine à quitter.

Alexandre Dumas. Le Comte de Monte-Cristo. 1846

Cette lecture me permet de participer au défi de Blandine et Nathalie Cette année, je (re)lis des classiques !

Challenge

Casse-noisette

Casse-Noisette est un conte de Noël écrit par l’auteur fantastique Hoffmann, plus tard adapté par Alexandre Dumas. Le soir de Noël, les parents de Clara reçoivent une foule d’invités les bras chargés de cadeaux, parmi eux l’oncle magicien Drosselmeyer. Alors qu’il neige dehors, la porte de la demeure bourgeoise s’ouvre sur un intérieur chaleureux. Les tentures tombent du plafond, le sapin s’illumine au fond de la scène. Le ballet prend des allures de fête mondaine et la danse se transforme en théâtre : on se fait signe, on se répond, on rit, on se chamaille, on distribue des cadeaux. Le casse-noisette offert par Drosselmeyer intrigue. Ballet dans le ballet, la danse des jouets est pleine d’humour et d’énergie. Puis les somptueux décors s’éteignent, la scène est plus intime, c’est la chambre de Clara. La nuit, les forces malfaisantes se déchaînent, l’armée des souris envahit la chambre de la petite. Les jouets s’animent et prennent la défense de Clara. Combat du bien contre le mal, Casse-Noisette marque la fin de l’innocence de l’enfance. Ce passage de l’enfance à l’adolescence est aussi une ouverture vers d’autres révélations : le casse-noisette se transforme en prince et entraîne Clara dans un voyage initiatique au cours duquel ils découvrent, accompagnés par des flocons scintillants, le Paradis des jouets : les poupées espagnoles, russes, arabes, le loup et la bergère, les poupées chinoises… Chaque duo est un univers : le serpent ondule, les poupées aux chapeaux adoptent un rythme plus mécanique, la danse de Clara et du prince est un hymne à l’amour naissant. La musique se teinte tantôt de l’obscurité du mal, tantôt de la légèreté de l’enfance mais elle est toujours empreinte d’un humour festif. Casse-Noisette est un ballet réjouissant dont on retient le drôle et le doux. Moment suspendu, les décors s’animent, les costumes brillent, les jouets entrent en scène, qui fait la part belle au rêve et laisse une tendre impression d’enthousiasme enfantin.

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Casse-Noisette. Ballet en deux actes interprété par l’Opéra National de Russie (M. I. Glinka – Tcheliabinsk). Musique : Piotr Tchaïkovsky. Libretto : Marius Petipa. Directeur de la compagnie : Vladimir Dosaev. Directeur artistique du ballet et chorégraphe : Yuri Klevtsov. Chef d’orchestre : Vadim Nikitin. 2016.