Mode et costumes : anecdotes

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Au musée de la mode et du costume, j’ai appris que :

  • Selon Issey Miyake, une robe n’est faite qu’à 50% tant qu’elle n’est pas portée
  • Le musée a acquis 100 000 vêtements en 35 ans, je me demande où ils les rangent
  • On portait des vêtements clinquants pour être visible dans la pénombre, à la seule lueur des bougies, un peu comme mon manteau orange en hiver
  • Les mesures étaient empiriques avant l’invention du gabarit
  • Marie-Antoinette mesurait 53 cm de tour de taille et 110 cm de tour de poitrine, ça, c’est ma préférée
  • Le nœud des robes près du cou s’appelle le nœud du parfait contentement, c’est joli, ça me rappelle le suivez-moi-jeune-homme
  • Le jean vient de Gênes et le denim de Nîmes, logique
  • La dernière merveille du musée, une robe de l’époque 1750 a coûté 173 000 euros
  • La crinoline vient de la jupe en crin, logique
  • Le corset était porté par 2% de la population, 98% de la population pouvait respirer normalement
  • On disait de la duchesse de Talleyrand qu’elle était belle vue de dot, marrant
  • Le pantalon pour femme a été inventé par Yves Saint-Laurent, merci monsieur

Palais Galliera. Anatomie d’une collection. Jusqu’au 12 février 2017

Graine de star au collège !

En bonne commère, je n’ai pas réussi à garder secrète plus de dix minutes cette nouvelle que je viens d’apprendre (je ne sais pas comment ma collègue a pu garder ça pour elle pendant plus d’un mois) : Ghillas (prononcer Rrilès) Bendjoudi de la classe de 6e3 joue le rôle principal d’un film qui sort le 4 janvier au cinéma. Ca m’a rappelé le petit Jules Sitruk, revu récemment dans Vipère au poing, il était mignon. Niveau potin, je viens aussi d’apprendre que Fréro Delavaga se sépare mais assure sa tournée (à l’aube des trente ans, Flo’ veut fonder une famille, Jérémy est déchiré). Les secrétaires ont même reconnu les locaux de l’école du secteur. Après avoir été envahis par l’équipe de tournage des Beaux Gosses, nous voilà proches d’une graine d’acteur !

Mais je tente de relativiser cette nouvelle : faut bien que les acteurs soient passés dans un collège ou un autre, vu que l’école est obligatoire jusqu’à seize ans ; ça se trouve il ne va tourner qu’un film et on n’entendra jamais parler de lui ; et puis tout le monde connaît quelqu’un qui a côtoyé une future personnalité : un ami de mon père a eu David Douillet en cours, une collègue de ma mère a été l’institutrice de Julian Bugier, la mère d’une amie était en classe avec Marc Lavoine. En règle générale, les souvenirs d’école ne sont pas très glorieux… J’imagine bien le petit Ghillas, dans quinze ans : « Je n’étais pas un élève modèle. »

Pour ma part, au cas où il deviendrait célèbre, je déclare qu’en ce mardi 22 novembre 2016, Ghillas Bendjoudi a réalisé un exposé sur les grenouilles.

Hélène Angel. Primaire. Avec Sara Forestier, Vincent Elbaz, Ghillas Bendjoudi. 2017

Premières lignes #12

Pause forcée, petite aventure entre inconnus… Paula Hawkins exploite l’aspect excitant des trajets en train dans son premier roman et best-seller (en ce moment au cinéma) La Fille du train dont un exemplaire se trouve enfin entre mes mains. Il y a deux ans, j’habitais en Anjou et je faisais la navette deux à trois fois par semaine entre Saumur et Angers. Ce choix de vie pendant quelques mois m’a été dicté, entre autres, par la curiosité : je voulais faire partie de ces gens qui prennent le TER tous les jours pour aller travailler. Matin, partant de plus en plus tard tout en craignant de rater l’Interloire de 8h37, je m’offrais une petite poussée d’adrénaline puis je finissais ma nuit bercée par le bruit du chemin de fer (c’est joli comme expression quand on y réfléchit…). Soir, je calculais la distance entre les petites gares : La Ménitré, Les Rosiers…, j’observais les passagers descendus monter dans leur voiture bien garée et j’écoutais les conversations des lycéens. L’été précédent, j’étais partie en Croatie en car et je n’ai jamais trouvé rien de plus excitant que de voyager plus de vingt heures avec des inconnus. On partage une aventure unique sans se connaître, on ne se reverra jamais. L’hiver dernier, j’ai voyagé en train couchette à l’aller et au retour dans le même compartiment qu’une autre passagère, elle ne m’a pas reconnue. Une fois, j’ai croisé une fille de mon âge le matin rive gauche, l’après-midi rive droite et on s’est souri. Dans Le Crime est notre affaire, la tante Babette est témoin d’un assassinat dans un train roulant à contresens, sur la voie contiguë. La Julieta d’Almodovar rencontre le père de sa fille dans un train. Dans La Fille du train, en observant chaque jour sa maison, Rachel apprend à connaître Jess-Megan sans l’avoir jamais rencontrée…

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Une pile de vêtements repose au bord de la voie ferrée. Un tissu bleu clair – une chemise, j’imagine – entortillé dans quelque chose d’un blanc sale. Ce sont probablement des vieux habits à jeter échappés d’un paquet balancé dans le petit bois miteux un peu plus haut, près de la berge. Peut-être que ce sont des ouvriers qui travaillent sur cette partie des rails qui les ont laissés là, ce ne serait pas la première fois. Peut-être que c’est autre chose. Ma mère répétait à l’envi que j’avais une imagination débordante.  Tom aussi me le disait. Je ne peux pas m’en empêcher : dès que j’aperçois des haillons abandonnés, un T-shirt sale ou une chaussure isolée, je pense à l’autre chaussure et aux pieds qu’elles enveloppaient.

Paula Hawkins. La Fille du train. 2015

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Je dis souvent que le coeur n’est pas si déraisonnable qu’il le paraît… mais c’est plus joliment dit ainsi :

La sagesse ne contredit jamais la nature

Juvénal, poète satirique latin (vers 60 – vers 130 après JC)

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A novel written by Jane Austen

J’ai découvert par hasard un joli mot à la désuétude poétique :

Suivez-moi-jeune-homme. n. m. inv. 1866 de suivre, moi et jeune homme. fam. vieilli. Pans d’un ruban de chapeau de femme, qui flottent sur la nuque.

Il m’a rappelé une belle exposition au musée d’Orsay : « L’impressionnisme et la mode » visitée il y a trois ou quatre ans.

 

Monet, Claude. Bazille et Camille (Etude pour le Déjeuner sur l'herbe), 1865.
Monet, Claude. Bazille et Camille (Etude pour le Déjeuner sur l’herbe), 1865.