Premières lignes #78

Lord Dunlevy, riche oisif anglais souffre d’une maladie peu commune : il est claustromane. Il appréhende le monde extérieur et s’épanouit pleinement dans le milieu clos de son appartement. Lorsqu’un de ses amis lui propose un séjour au Mas de la Gasparine, Lord Dunlevy se confronte à ses pires terreurs : un vieux manoir ouvert à tous les vents, une terrasse au bord d’une falaise et des voisins curieux. Mais c’est l’occasion pour le jeune homme d’affronter ses peurs et d’éclaircir une sombre histoire de famille.

Provence. Licence CC

Le docteur Mornay insista : – Lord Dunlevy, vous êtes parfaitement guéri. Son patient eut d’abord l’air incrédule puis ennuyé. Le psychiatre l’observait derrière ses lunettes. Lord Dunlevy pensa qu’il ressemblait de plus en plus à Woddy Allen. Aussi éclata-t-il de rire. – Ravi de constater que cela vous met de bonne humeur, dit le psy, toujours sinistre. – Je ne me sens pas guéri, répondit Lord Dunlevy. Mécaniquement le médecin enclencha son magnétophone. – Vous pouvez m’expliquer ça ? demanda-t-il. – Non. Je trouve simplement déplaisant de m’entendre dire que je suis guéri alors que je n’en ai aucune envie. – Vous ne voulez pas guérir ? Je vis très bien avec ma psychose. Pourquoi m’en séparer ? – Avouez qu’elle ne facilite pas vos relations sociales. – Oui, mais c’est pratique pour se débarrasser des imbéciles.

Moka. La chambre du pendu. 2001

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #77

Le monde de Ben est la suite du roman Le cinquième enfant de Doris Lessing. Alors que dans le premier, Lessing adoptait le point de vue d’Harriet, la mère de Ben, elle adopte le point de vue du cinquième enfant dans le second et renverse ainsi le mécanisme de l’empathie. Ben n’apparaît plus comme un monstre mais comme un jeune homme différent des autres qui ne trouve pas sa place dans le monde. Le traitement littéraire est moins fin psychologiquement mais plus expérimental : Lessing analyse l’introduction d’un élément étrange dans un monde non-adapté. Le monde de Ben tient ainsi plus du roman d’apprentissage inévitablement voué à l’échec que du roman psychologique. Ben alterne les bonnes et les mauvaises rencontres et se retrouve balloté à travers le monde.

– Quel âge avez-vous ? – Dix-huit ans. La réponse ne vint pas tout de suite car Ben redoutait ce qui, il le savait, aller arriver maintenant ; et en effet, derrière la vitre qui le protégeait du public, l’employé posa son stylo-bille sur le formulaire qu’il remplissait , puis, avec sur son visage une expression que Ben connaissait trop bien, examina son client d’un regard à l’amusement empreint d’impatience qui n’était pas tout à fait de la dérision. L’homme qu’il avait devant lui était petit, gros, ou en tout cas trapu. La veste qu’il portait était trop grande pour lui. Il devait avoir au moins quarante ans. Et ce visage ! C’était une large face aux traits grossiers, dont la bouche s’étirait en un grand sourire – qu’est-ce qu’il pouvait bien trouver de si fichtrement drôle ? – , un nez épaté aux narines dilatées, des yeux glauques avec des cils roux pâle, sous des sourcils en bataille de la même couleur.

Doris Lessing. Le monde de Ben. 2000

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #76

Slade House est une demeure fastueuse étrangement dissimulée entre deux ruelles. Impossible à situer, elle attire cependant et se révèle très accueillante. Pourtant lorsque l’atmosphère chaleureuse de la maison se fait oppressante et que les prisonniers se rendent compte du piège, il est déjà trop tard… Tous les neuf ans, les habitants de Slade House, un frère et une sœur, attirent à eux des êtres singuliers nécessaires à leur survie.

Une lecture inclassable qui me sort agréablement de ma zone de confort sans me convertir pour autant : les oraisons, ondes psychovoltaïques et autres fissures temporelles me sont malheureusement toujours obscures.

Ce que Maman dit se noie dans le grondement grisâtre du bus qui, en repartant, laisse apparaître un pub baptisé Renart et Mâtins. L’enseigne montre trois beagles qui encerclent un renard. Ils sont sur le point de bondir et de le réduire en charpie. Une plaque située juste en dessous indique Westwood Road. Les barons et baronnes sont censés être riches : moi, je m’attendais à voir des piscines et des Lamborghini, mais non : Westwood Road est une rue comme une autre. Il y a de bêtes maisons ou pavillons jumelés en briques avec un jardinet sur le devant et une bête voiture. Le ciel humide a une couleur de vieux mouchoir. Sept pies s’envolent devant nous. Sept, c’est un bon chiffre. Le visage de Maman est à quelques centimètres du mien, mais je ne sais pas si elle est énervée ou inquiète.

Slade House. David Mitchell. 2019

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #75

C’est par goût des expériences et des défis que Sylvain Tesson accompagne Vincent Munier, photographe animalier, sur les hauteurs du Tibet, à la recherche de la panthère des neiges. Dans ces espaces glaciaires où règne le silence, Tesson lit, philosophe, observe, se retient de bavarder et remet beaucoup de certitudes en questions. Les apparitions de la panthère des neiges prennent des allures mystiques et la quête de l’animal se révèle quête de soi. La panthère de Sylvain, c’est cette femme qu’il a aimée dans les Landes au cours d’une autre vie, et pour le lecteur, une belle invitation à la poésie et à l’humilité.

Je l’ai rencontré le jour de Pâques, après une projection de son film sur le loup d’Abyssinie. Il m’avait parlé de l’insaisissabilité des bêtes et de cette vertu suprême : la patience. Il m’avait raconté sa vie de photographe animalier et détaillé les techniques de l’affût. C’était un art fragile et raffiné consistant à se camoufler dans la nature pour attendre une bête dont rien ne garantissait la venue. On avait de fortes chances de rentrer bredouille. Cette acceptation de l’incertitude me paraissait très noble – par là même antimoderne.

Moi qui aimais courir les routes et les estrades, accepterais-je de passer des heures, immobile et silencieux ? Tapi dans les orties, j’obéissais à Munier : pas un geste, pas un bruit. Je pouvais respirer, seule vulgarité autorisée. J’avais pris dans les villes l’habitude de dégoiser à tout propos. Le plus difficile consistait à se taire. Les cigares étaient proscrits. « On fumera plus tard, sur un talus de la rivière, ce sera nuit et brouillard ! » avait dit Munier. La perspective de griller un havane au bord de la Moselle faisait supporter la position du guetteur couché.

Sylvain Tesson. La panthère des neiges. 2019

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #74

Le catalogue de l’exposition Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image présenté par le commissaire et historien Antoine de Baecque est un élément supplémentaire à ma collection-passion Marie-Antoinette ! On peut y voir les pièces exposées à la Conciergerie de Paris de la chemise de la Reine jusqu’aux souliers Louboutin inspirés par la dernière grande reine de France. Le catalogue explique comment Marie-Antoinette est passée du statut de figure historique décriée de son temps à celui d’icône pop revisitée à travers le monde.

Un foisonnement de représentations s’est emparé de Marie-Antoinette, de son vivant à nos jours. D’ailleurs, aucune figure historique, sans doute, n’a connu davantage de dénominations, de surnoms, voire de sobriquets. D’un côté l’archiduchesse Antoine ou Antonia, la reine de France, la reine martyre, la mère exemplaire, figures de la dignité royale ; de l’autre, l’Autrichienne, l' »autre chienne », la poule d’autruche, Toinette, la Bergère royale, la ministre les colifichets, Madame Déficit, la Catin royale, la fureur utérine, la Messaline royale, Madame Veto, la veuve Capet… De son vivant, elle fut au centre de bien des campagnes de propagande ou de presse ; après sa mort, le 16 octobre 1793, ces réputations contradictoires ont façonné son image. Du culte à la haine, de la curiosité au mimétisme, elles ont engendré une moisson de reflets visuels.

Marie-Antoinette, métamorphoses d’une image. Catalogue de l’exposition à la Conciergerie de Paris. 2019

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #73

Quand elle souriait, Isamberte s’éclairait de l’intérieur. C’était un phénomène tout à fait étonnant. Sans doute, ses circuits internes, activés par la contraction des zygomatiques, propageaient un courant qui produisait une lumière incandescente.

A l’aube de la révolution industrielle, le jeune Gustave Eiffel intègre une mystérieuse société : la Société Super Secrète des Savants en Sciences Surnaturelles. Après avoir réussi à casser une bouteille sans utiliser aucune des surfaces de la pièce de recrutement et prouvé son esprit d’équipe, le jeune homme rejoint les rangs des savants menés par le chimiste Louis Pasteur et sa compagne Constance, experte en techniques de combat. Guidé par sa curiosité naturelle et sa soif d’aventures, Gustave se confronte, malgré son esprit très rationnel, aux étranges méthodes de cette bande de savants pas si fous.

Entre calculs farfelus et jeux de mots douteux, Flore Vesco plonge le lecteur dans l’univers de la métallurgie et revisite avec beaucoup d’humour et un soupçon d’aventures la légende de Gustave Eiffel.

Gustave Eiffel empoigna fermement le fer. Sa main était assurée. Il effectua une légère rotation pour assouplir son poignée et soupeser le métal. Il prit une profonde inspiration. Ses doigts se crispèrent. D’un geste vif, sans hésitation, il appuya la pointe métallique contre le col. Il détendit le bras de manière fluide, dans un mouvement imparable, presque instinctif.

Du premier coup, il repassa l’encolure de sa chemise.

Puis il attaqua les manches. Il gagna du terrain, déplissa les pans de devant et derrière. Sans faiblir, il traquait les plis. Sa respiration était régulière, son œil vif et concentré. Cependant le plus dur restait à faire. Il fallait lisser la boutonnière. Gustave serra le poing sur le manche. Ses épaules tendues trahissaient sa détermination. Il s’élança. Le fer serpenta entre les boutons, défroissant le tissu jusque dans les recoins les plus inaccessibles. Enfin, à bout de forces, Gustave reposa son fer à repasser. Il brandit victorieusement sa chemise. Il était venu à bout de tous les plis.

Flore Vesco. Gustave Eiffel et les âmes de fer. 2018

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #72

Alors qu’ils se rencontrent en plein milieu des années soixante, Harriet et David forment un couple étrangement désuet. Ils rêvent d’une vaste maison, en périphérie de Londres, dans laquelle une ribambelle d’enfants pourrait grandir, s’épanouir et rire, entourée, à Noël et à Pâques, des cousins, des tantes et des grands-parents. Harriet enchaîne ses quatre premières grossesses sans difficulté. La cinquième, au contraire, est beaucoup plus douloureuse. Ben semble très différent de ses aînés : sa naissance bouleverse l’ordre familial et met à mal l’idéal du couple.

Doris Lessing fait entrer le lecteur dans l’intimité familiale et mime bien la décadence de cette famille classique qui pensait prétentieusement pouvoir s’ériger en modèle de bonheur. Décryptant les pensées des personnages, Lessing joue avec les émotions et les facultés empathiques du lecteur. En changeant de cible et de point vue, elle montre magistralement le pouvoir du roman et l’importance de l’interprétation.

Doris Lessing

Harriet et David se rencontrèrent à une fête d’entreprise à laquelle ni l’un ni l’autre n’avait eu envie d’aller, et tous deux surent à l’instant même que c’était là ce qu’ils attendaient. Quelqu’un d’assez conservateur, démodé, pour ne pas dire vieillot ; timide, difficile à contenter : voilà comment les autres les définissaient, il n’y avait pas de fin aux qualificatifs désobligeants qu’ils s’attiraient. Ils défendaient obstinément une certaine vision d’eux-mêmes, qui était la banalité et le droit à la banalité, sans pour autant avoir à subir de critiques pour leurs exigences émotionnelles et leur abstinence simplement parce que c’étaient là des qualités passées de mode.

Doris Lessing. Le cinquième enfant. 1990

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #71

Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl, deux étudiantes en médecine norvégiennes, proposent de combler une méconnaissance notoire en matière de sexe féminin perçue à travers leur entourage mais surtout par l’intermédiaire de leur blog à succès Underlivet. Pour répondre aux nombreuses questions des internautes, les deux jeunes femmes publient un texte qui se présente à la fois comme une réflexion sur les idées reçues et les non-dits mais aussi comme un manuel pratique. Un bon ouvrage de vulgarisation qui ne s’embarrasse pas de style (on est plus proche du blog que de l’essai) mais qui a le mérite de poser les bonnes questions, de donner des pistes de réponses et de réhabiliter le sexe féminin dominé par des siècles et des siècles de phallocratie.

Début 2005, nous lancions notre blog Underlivet. Nous n’étions pas certaines qu’il y ait un véritable besoin de nouvelles publications sur la santé sexuelle, le corps féminin et le sexe. Dans les médias on trouve aujourd’hui plus que jamais des informations sur la sexualité : le meilleur mais aussi le pire. Enfants et adolescents ont accès à Internet et l’utilisent dès leur plus jeune âge. Quand on a une question, le docteur Google est facile à consulter. Et puis n’est-on pas raisonnablement calé sur le sujet quand on a suivi les cours d’éducation sexuelle à l’école ? Nous ne savions pas non plus vraiment comment aborder le sujet. Un énième blog sur le sexe ? Encore des étudiantes en médecine naïves expliquant aux internautes qu’ils sont en bonne santé et que tout est normal chez eux ?

Nina Brochmann et Ellen Stokken Dahl. Les joies d’en bas. 2018

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #70

C’est presque toujours un destin secret qui règle le sort des choses visibles et publiques : presque tous les évènements mondiaux sont le reflet de conflits intimes.

Stefan Zweig fait le portrait d’une des plus grandes reines de France. Adolescente envoyée à la cour de France, jeune femme frivole, mère aimante, bouc-émissaire du peuple, Marie-Antoinette a de très nombreuses facettes. L’auteur autrichien révèle sa jeunesse volée, les difficultés de son ménage avec Louis XVI, les fêtes et les jeux à Trianon, la naissance des enfants, le grand amour pour le comte suédois Axel de Fersen, les abus et les tromperies et s’attarde sur la période révolutionnaire. Personne ordinaire rencontrant une destinée exceptionnelle, Marie-Antoinette a su évoluer d’égérie de la mode à parangon de dignité. En fin psychologue, Zweig propose un beau portrait de femme, à la fois sublime et sotte, attisant la haine du peuple, tout en nuances et en paradoxes.

Elisabeth Vigée-Lebrun. Marie-Antoinette à la rose. 1783. Huile sur toile. Château de Versailles.

Pendant des siècles, sur d’innombrables champs de bataille allemands, italiens et flamands, les Habsbourgs et les Bourbons se sont disputés jusqu’à épuisement l’hégémonie de l’Europe. Enfin, les vieux rivaux reconnaissent que leur jalousie insatiable n’a fait que frayer la voie à d’autres maisons régnantes ; déjà, de l’île anglaise, un peuple hérétique tend la main vers l’empire du monde ; déjà la marche protestante de Brandebourg devient un puissant royaume ; déjà la Russie à demi païenne s’apprête à étendre sa sphère à l’infini : ne vaudrait-il pas mieux faire la paix, finissent de se demander – trop tard, comme toujours – les souverains et leurs diplomates, que de renouveler sans cesse le jeu fatal de la guerre, pour le grand profit de mécréants et de parvenus ? Choiseul, ministre de Louis XV, Kaunitz, conseiller de Marie-Thérèse, concluent une alliance ; et afin qu’elle s’avère durable et ne soit pas un simple temps d’arrêt entre deux guerres, ils proposent d’unir, par les liens du sang, la dynastie des Bourbons à celle des Habsbourgs.

Stefan Zweig. Marie-Antoinette. 1933

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #69

Pour la cohésion de la communauté, on place la sérénité, l’entente, au-dessus du vrai.

Le narrateur voyage régulièrement en Chine pour ses affaires commerciales. Il aime se rendre dans les sous-sols du Grand-Hôtel pour discuter avec la curieuse Madame Ming qui se vante d’avoir dix enfants. Le narrateur s’étonne de cette importante progéniture dans un pays qui impose l’enfant unique mais Madame Ming manie si bien les mots que le jeune homme renonce à distinguer vérité et mensonge.

Ce conte philosophique nous plonge dans une fiction poétique scandée par les sages préceptes de Confucius. Un joli moment suspendu entre réalité et fiction, mensonge et vérité.

Estampe chinoise du XVIIIe siècle représentant le philosophe Confucius (551-479 av. J.-C.). Josse/Leemage

La Chine, c’est un secret plus qu’un pays. Madame Ming, l’oeil pointu, le chignon moiré, le dos raidi sur son tabouret, me lança un jour, à moi, l’Européen de passage : « Nous naissons frères par la nature et devenons distincts par l’éducation. » Elle avait raison… Même si je la parcourais, la Chine m’échappait. A chacun de mes voyages, son sol s’étendait, son histoire s’évaporait, je perdais mes jalons sans en gagner de nouveaux ; malgré mes progrès en cantonais, en dépit de mes lectures, quoique je multipliasse les contrats commerciaux avec ses habitants, la Chine reculait à mesure que j’avançais, tel l’horizon. « Au lieu de se plaindre de l’obscurité, mieux vaut allumer la lumière », affirma Madame Ming.

Eric-Emmanuel Schmitt. Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus. 2012

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.