Premières lignes #70

C’est presque toujours un destin secret qui règle le sort des choses visibles et publiques : presque tous les évènements mondiaux sont le reflet de conflits intimes.

Stefan Zweig fait le portrait d’une des plus grandes reines de France. Adolescente envoyée à la cour de France, jeune femme frivole, mère aimante, bouc-émissaire du peuple, Marie-Antoinette a de très nombreuses facettes. L’auteur autrichien révèle sa jeunesse volée, les difficultés de son ménage avec Louis XVI, les fêtes et les jeux à Trianon, la naissance des enfants, le grand amour pour le comte suédois Axel de Fersen, les abus et les tromperies et s’attarde sur la période révolutionnaire. Personne ordinaire rencontrant une destinée exceptionnelle, Marie-Antoinette a su évoluer d’égérie de la mode à parangon de dignité. En fin psychologue, Zweig propose un beau portrait de femme, à la fois sublime et sotte, attisant la haine du peuple, tout en nuances et en paradoxes.

Elisabeth Vigée-Lebrun. Marie-Antoinette à la rose. 1783. Huile sur toile. Château de Versailles.

Pendant des siècles, sur d’innombrables champs de bataille allemands, italiens et flamands, les Habsbourgs et les Bourbons se sont disputés jusqu’à épuisement l’hégémonie de l’Europe. Enfin, les vieux rivaux reconnaissent que leur jalousie insatiable n’a fait que frayer la voie à d’autres maisons régnantes ; déjà, de l’île anglaise, un peuple hérétique tend la main vers l’empire du monde ; déjà la marche protestante de Brandebourg devient un puissant royaume ; déjà la Russie à demi païenne s’apprête à étendre sa sphère à l’infini : ne vaudrait-il pas mieux faire la paix, finissent de se demander – trop tard, comme toujours – les souverains et leurs diplomates, que de renouveler sans cesse le jeu fatal de la guerre, pour le grand profit de mécréants et de parvenus ? Choiseul, ministre de Louis XV, Kaunitz, conseiller de Marie-Thérèse, concluent une alliance ; et afin qu’elle s’avère durable et ne soit pas un simple temps d’arrêt entre deux guerres, ils proposent d’unir, par les liens du sang, la dynastie des Bourbons à celle des Habsbourgs.

Stefan Zweig. Marie-Antoinette. 1933

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Auteur : Eléonore Clélia

Francilienne en semaine, orléanaise, parisienne, angevine, le week-end, littéraire de formation, intriguée par les sciences, tantôt lectrice, amatrice d’art et de culture, tantôt cuisinière ou bricoleuse, bref curieuse, je partage créations, chroniques et coups de cœur qui font mes petits bonheurs quotidiens.

2 réflexions sur « Premières lignes #70 »

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.