Mars #17

Passer le premier en bord de mer / Retrouver la petite princesse africaine / Fêter les 30 de JM et la première année de la Mimi / Un aller-retour express / Assister à une réunion rue des Blancs-Manteaux / Rendez-vous près de l’opéra / Un atelier théâtre au théâtre / Assister à une pièce en prison / Retour chaotique en banlieue / Retrouver Astrid après son cours / Soirée crêpes pour travailler ma technique / Rendez-vous chez mon banquier au quatrième étage / Lecture, politique et corruption / Découvrir les arts asiatiques au musée Guimet / Dernière matinée d’insouciance avant cinq jours de silence / Passer une journée marche, trail, nature pour la bonne cause / Sur les routes du Sud en compagnie d’un duo improbable / Tentative de footing interrompu par la grêle avec Jess / Faire découvrir le café des chats à Olivia / Commencer une correspondance avec l’auteur de Nos coeurs tordus / Vraiment on a de la chance d’être aussi bien dotés, ce n’est qu’une remise à niveau / Désaccord avec l’institution. Se rassembler place de la mairie : lutte, soleil et indignation / Se remettre de ses émotions / Rédiger un message à quatre cerveaux / J’peux pas, j’ai FSE / Pester contre les retardataires : Tu sais bien que ça m’angoisse d’attendre / Voir Jain en concert : chanter, danser et jumper / Soirée inattendue au Marais avec la petite prof d’espagnol : ils sont très … ouverts d’esprit / Art contemporain et bubble tea : je me réserve pour la suite, j’ai sud-ouest ce soir / Un nouveau trio (enfin rencontrer Louis). Vu de l’extérieur, il y a du niveau / Partager une bouteille de Jurançon, de la tomme de brebis, du chorizo et beaucoup de complicité / Sécher le club lecture de la Duchesse / Après-midi à la maison des examens après les dernières révisions / Se sentir libérée et désœuvrée / Ne pas savoir garder un secret / Ça, c’est un p’tit gars de chez nous ! / Retour aux sources : mon trio gagnant, mon cocon de douceur

D’après une idée de Mokamilla

 

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J’ai couru vers le Nil

En 2011, au Caire, la place Tahir se noircit de monde. Après un appel à mobilisation largement diffusé sur les réseaux sociaux, les jeunes Egyptiens manifestent pour faire tomber un régime autoritaire et corrompu. De l’étudiant pauvre au puissant général, Alaa el Aswany, fait se croiser des destinées bouleversées par la révolution.

Vue du Nil depuis Le Caire

L’auteur égyptien fait vivre des personnages autour de la place Tahir. Asma et Mazen, révolutionnaires de la première heure, échangent des lettres d’amour naissant sur fond de conflits politiques. Achraf, riche copte et acteur raté, est gagné à la cause et, semblant renaître, dispense locaux et argent aux jeunes de la révolution, amoureusement et fidèlement accompagné de sa servante Akram. Khaled et Dania, étudiants en médecine, servent la révolution, lui, pauvre, fils de chauffeur, elle, riche, fille du général Alouani. Issam Chaalane, écartelé entre son passé de militant communiste et son statut de directeur d’usine ; et sa femme Nourhane, prête à tout pour satisfaire son ambition, devenue icône de la télévision d’Etat.

Vous imaginez que le Christ se fâche uniquement quand vous le faîtes. Laissez-moi me débrouiller avec le Christ.

L’auteur construit son roman de manière ascensionnelle. Les jeunes Egyptiens sortent, des amours naissent et des idées de révolution et de démocratie émergent. Le coup de force de l’armée paraît d’autant plus brutal. L’auteur raconte minutieusement la manipulation du peuple par les dirigeants et les médias qui laissent croire au complot, se plaçant tantôt du point de vue du général Alouani, tantôt de celui de Nourhane, la journaliste opportuniste. Alors que la violence éclate, que la corruption règne en maîtresse et que les arrangements immoraux avec la religion dictent les comportements, El Aswany réussit le pari de susciter la révolte du lecteur. Pour dénoncer la sauvagerie et l’immoralité du régime autoritaire, l’auteur égyptien oppose des figures sensibles dévastées par le conflit. La mort de son ami anéantit la douce Dania qui peine à s’opposer à sa famille. Quant à Mazen et Asma, ils veillent l’un sur l’autre très tendrement. El Aswany entre dans les maisons et évoque des relations intimes bouleversées par la révolution : des divorces, des séparations, des liens parents-enfants rompus mais aussi la formation de jolis couples comme Asma et Mazen ou Achraf et Akram qui n’auraient pu voir le jour dans un autre contexte.

La pire chose au monde est d’affronter violemment une personne que l’on aime parce que, en même temps qu’on la défie, on la plaint.

C’est avec une émotion douloureuse que l’auteur propose une chronique du printemps égyptien, sa manière à lui, exilé, de rendre hommage au combat juste des jeunes d’un pays qu’il aime tant.

Alaa el Aswany. J’ai couru vers le Nil. 2018

Cette lecture me permet de participer au défi de Madame lit sur le thème de l’Histoire pour ce mois de mars.

Premières lignes #63

Après avoir beaucoup apprécié les deux premiers romans de littérature adulte de Gwenaële Robert : Tu seras ma beauté et Le dernier bain, je suis tombée par hasard sur un de ses romans pour la jeunesse.

Pauline, jeune normande, monte à Paris avec ses deux jeunes sœurs pour trouver du travail et découvrir la grande ville. Employée à L’Elégance parisienne, Pauline gravit aisément les échelons du grand magasin tandis que Lucile sert comme domestique et Ninon commence son éducation de jeune fille.

Gwenaële Robert propose une jolie réécriture du roman de Zola Au Bonheur des dames. Emile Bauvincard est un double de l’ambitieux Octave Mouret tandis que son épouse campe une Marguerite Boucicaut soucieuse des bonnes conditions de travail de ses employées. Auprès de Pauline-Denise, on assiste aux débuts des grands magasins sous le second Empire. Les techniques de vente de Bauvincard semblent avant-gardistes : le prêt-à-porter, l’échange gratuit, la livraison, le rayon enfants… L’autrice nous plonge avec délicatesse dans un Paris lumineux en pleine mutation.

Affiche publicitaire Au Bon Marché de 1911. Illustration de Marcellin Auzolle

Ce lundi-là, les voyageurs qui devaient prendre l’express de six heures quarante se pressaient sous la halle couverte. Il avait plu toute la nuit sur la ville du Havre et un vent froid soufflait à présent, séchant les quais éclairés d’un petit jour pâle, sous un ciel de cendre. – Alors, c’est bien vrai, demanda la tante Berthe que l’émotion du départ étranglait, tu nous écriras ? Pauline hocha la tête. Elle craignait de se mettre à pleurer. Oh, la tante l’eût compris, elle-même n’en menait pas large à cette heure, mais Pauline refusait de laisser couler ses larmes devant ses deux sœurs, que l’émotion sans doute aurait gagnées à leur tour. Lucille et Ninon, à quelques pas d’elle, étaient tout occupées à observer la locomotive, énorme, fumante, attelée à un train de sept wagons soigneusement alignés sur les rails. Jamais elles n’avaient vu pareille machine. Ce qui ajoutait encore à leur ébahissement, c’étaient les tourbillons de vapeur blanche qui s’échappaient de ses flancs dans un bruit de tonnerre.

Gwenaële Barussaud-Robert. Pauline, demoiselle des grands magasins. 2015

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Février #16

Ben je sais pas, ça dépend comme il écrit. Ah oui bah non alors / Madame, quand je cherche des informations sur Rhéa, il y a une autruche qui apparaît / Je ne t’ai jamais parlé de la Mimi ?! / Avoir rendez-vous avec Augustin T. et Vincent L. le 14 / Le réel me heurte à en mourir / Recevoir une rose rouge à la gare de G. / Assister à une brigade poétique de Malika drôle de cas / Après le militaire anarchiste, rencontrer un financier anti-capitaliste / Recevoir un mail de Toutankhâmon / Faire le tour des quatre continents en une heure trente / Recevoir ma convocation pour fin mars / Mélanger cire de soja et huiles essentielles / Longer l’île Simon à Tours / Brocante et marché aux fleurs / Pause en bord de Loire (BDL) / Déjeuner place Plumereau / Passer un week-end entre amies à la croisée des zones de vacances / Après-midi crêpes chez Pauline M. / Soirée étudiante avec Louise et les deux raincéennes / Participer à un afterwork panda sur la Montagne d’or / Champagne hôtel Renaissance, c’est un peu impressionnant / Déjeuner chinois avec la petite prof d’anglais / A la croisée de nos deux RER / Faire la course dans/contre les transports en commun / Retrouver le Clint de Gran Torino, La Mule à Belle Epine / Assister aux cinq rencontres de Picasso et Calder / Traverser le marais / Flâner au Bon Marché, assister à un flagrant délit de vol et penser à Denise / Je viens juste pour sentir / Le Lac des cygnes sur grand écran / Quand Odile remplace Odette ou inversement / Penser à me racheter des collants / Penser à prendre des cours d’aquaphobie / Le théâtre-cinéma du Louxor à dix minutes à pied de gare du Nord / Encore une histoire d’institution religieuse, manquait seulement Vincent L. / Le traditionnel séjour à La Rochelle : magasins, vieux port et balades en bord de mer…

D’après une idée de Mokamilla