Premières lignes #51

Strasbourg, 1825. Gaspard et Basile, deux jeunes garçons, vivent sous l’égide de l’impressionnante cathédrale. Gaspard s’ennuie en cours de latin et rêve de devenir sculpteur comme son père. Basile, batelier, passe ses journées sur l’Ill, le fleuve qui traverse la capitale alsacienne. Intrigués par une légende qui raconte que la cathédrale est fondée sur une étendue d’eau, Gaspard et Basile, guidés par de maigres indices, partent en quête du fameux lac des damnés.

Une enquête un peu facile et des personnages démesurément courageux mais un récit agréable à lire implanté dans une époque historique très intéressante.

Cathédrale de Strasbourg. Août 2011

J’ai rencontré Basile un jour de juin 1825, et nous ne savions pas quel danger nous attendait. Tout a commencé à cause de cet oiseau. J’étais assis sur un des pontons de bois, au bord de l’Ill, mon carnet sur les genoux. L’angélus n’avait pas encore sonné à la cathédrale, et derrière la rivière, la place du Marché-au-Cochon-de-Lait était presque vide. Avec ma mine de plomb, j’essayais de reproduire le pont des Corbeaux. Je m’appliquais. Mais, malgré moi, je songeais aux anciens criminels exécutés à cet endroit. Accrochés sur une planche ou enfermés dans une cage, ils étaient jetés du pont, et plongés dans l’eau vaseuse pourrie par les abattoirs tout proches. Que ressentaient-ils quand leurs corps touchaient l’eau ? Vers qui allaient leurs dernières pensées ? Et d’ailleurs, combien de temps un noyé met-il pour mourir ? Comme toujours, j’essayais d’imaginer, de comprendre… Ah, si j’avais moins aimé réfléchir, nous aurions passé un été plus calme !

Sophie Humann. Les Compagnons de la cigogne. 1, Le lac des damnés. 2018

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

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