Janvier #3

Un trio gagnant / Une nuit dans les couloirs du RER / Exercer sa créativité (des petits cadres en crochet) / Faire du 37 l’été et du 38 l’hiver / Hésiter entre plusieurs challenges Lecture / Porter le prénom d’une tempête fâchée / Un attrape-rêves qui éloigne les cauchemars / Des moules-frites au coin du feu / Offrir un cadeau immatériel sur le thème du cinéma / Dommage que le musée Ghibli soit à Tokyo, ça fait loin quand même / Les réunions de famille ou la pression sociale exacerbée / Noël après noël : un sapin de biscuits saveur pain d’épices / Une rencontre inquiétante au bout de ma rue / Quand certaines femmes jouent contre leur camp / Est-ce que les Hommes sont les seuls animaux à avoir le sens de l’humour ? / Assister à une troisième Pluie d’été / Bouder les soldes / Cuisiner entre amies, un repas de famille / Attendre une heure pour des pancakes australo-canadiens / Recevoir selon ses besoins et donner selon ses moyens / Échanger un parapluie contre une ceinture jaune de karaté / Rencontrer Romain, parvis gare de Lyon Part-Dieu, sortie Rhône / Un parcours touristique à Lyon sous la pluie / Les aléas du T4 / Le quai des adieux / Visiter une section mode qui donne envie d’apprendre à coudre / Une montée des eaux menaçante / Traverser l’exposition sur les dessins de Degas / Assister à la représentation des Noces de Figaro en petit comité / Envie d’une box DIY / Aller quatre fois au cinéma en dix jours / Attendre avec Marguerite le retour de Robert / Chanter fort et faux / Appeler Elsa pour faire un bonhomme de neige / Recevoir un pendentif Art Déco de la part d’Emma et Chloé / Tu remercieras Brigitte / Finir avec regret un roman adoré / Lire des récits sur le thème de la transidentité / A vos risques et périls, suspendre la signature / Des journalistes en herbe / Une demande de remboursement qui ressemble à une tirade de tragédie classique / Réserver un aller-retour dans le Tyrol

D’après une idée de Mokamilla

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Lyon Presqu’île

Arrivée matinale à la gare de Lyon Part-Dieu. A dix heures tapantes, j’attends Juliette, Lyonnaise pour six mois, sur le parvis sortie Rhône et je rencontre Romain, un jeune Lyonnais qui a confondu mon manteau La Redoute avec une pièce haut-de-gamme. Après ce moment quelque peu surnaturel, je retrouve Juliette qui, guide touristique en poche, me propose une visite de la ville. Nous voilà enchaînant tram + métro + funiculaire jusqu’à nous retrouver en haut de la colline qui travaille sur laquelle se sont retranchés les canuts d’autrefois, faute d’habitations adaptées en bord de Saône. Aujourd’hui, c’est un quartier branché, entre petites boutiques et ruelles pavées. En descendant, deux jeunes hommes nous ont proposé d’échanger nos parapluies contre leurs ceintures de karaté mais, vu la couleur des ceintures et la pluie qui tombait, ça ne valait pas.

En bas de la butte, Lyon regorge de jolies places illuminées. Juliette me fait découvrir la place de l’Hôtel de Ville et le musée des Beaux-Arts qui accueille actuellement l’exposition Los Modernos autour des figures tutélaires de Diego Rivera et Frida Khalo. Qui dit week-end lyonnais, dit gastronomie (entre temps nous venions d’apprendre la mort du chef Paul Bocuse). Nous voilà donc installées dans un bouchon traditionnel (j’ai eu du mal à comprendre que le bouchon était, non pas un plat typique, mais un lieu). J’ai choisi salade paysanne + quenelle de brochet tandis que Juliette a opté pour gratin + saucisson chaud. Dans les deux cas, ça cale bien. Le digestif offert par la maison est bien passé.

Après une pause thé chez Juliette dans le quartier Etats-Unis, nous nous rendons au cinéma Lumière qui propose un hommage à Danielle Darrieux. Le Bal de Max Ophuls, ça me dit quelque chose… Ce ne serait pas l’adaptation d’une nouvelle d’Irène Némirovsky que j’ai lue récemment ? Je raconte ce dont je me souviens à Juliette. Oups, c’était bien cette histoire-là mais en version moins cruelle, plutôt morale familiale tout-finit-bien-à-la-fin. Entre la sortie du cinéma et la réservation au restaurant russe, nous avons une bonne heure pour nous balader dans les ruelles du Vieux Lyon, lorgner sur la carte des restaurants étoilés dans lesquels nous n’irons jamais et emprunter les traboules, ces venelles entre deux maisons qui permettaient de desservir plus aisément les ensembles de bâtiments. Avec Lénine au-dessus de la tête et re-digestif offert après le repas, le trajet du retour nous a bizarrement paru moins pluvieux et moins froid.

Le lendemain, nous avons visité les vestiges des théâtres gallo-romains (c’est ici que se déroulent les Nuits de Fourvière, cela doit être fabuleux !) ainsi que la basilique Notre-Dame-de-Fourvière (qui ressemble, avec ses quatre pattes évasées, à un éléphant à l’envers) tout en haut de la colline qui prie. Au brunch de L’Epicerie dans le huitième arrondissement, nous avons déjeuné auprès d’une famille réunie en ce dimanche midi qui respirait la joie de vivre et le bonheur d’être ensemble, joli portrait. On a tenté de reconstituer l’arbre généalogique, sans succès.

L’Institut Lumière n’est pas très loin d’ici et la visite du musée, qui se situe dans la villa de la famille Lumière en face de l’usine de photographie (aujourd’hui, ce qui l’en reste a été transformé en salle de projection), nous plonge au tout début du cinéma. Les inventions des Lumière sont exposées (ils ont déposé près de deux cents brevets !) et nombre de leurs films tournent en boucle dans les différentes salles du musée. Ce parcours est aussi la visite d’une demeure majestueuse de la fin du XIXe siècle, surnommée « le château ». On a adoré le Jardin d’hiver qui rappelle l’ambiance des romans sous le Second Empire et la chambre d’Antoine (le père) au premier étage. Il pleut toujours, nous assistons donc à un second hommage à Danielle Darrieux. On retrouve le guichetier hipster de la veille : tatouage, petit chignon, barbe, ça ne va pas à tout le monde mais sur lui, on aime bien. Le Plaisir est composé de trois adaptations de nouvelles de Maupassant. L’actrice a bien grandi (elle avait quatorze ans dans Le Bal) mais le film est, à mon goût, un peu moins réussi que celui de la veille. Mais bon Max Ophuls + Maupassant + Danielle Darrieux, ça passe.

Retour à la gare grouillante de Lyon Part-Dieu où tous se font leurs adieux du dimanche soir avant d’embarquer et de démarrer une nouvelle semaine. Et pour moi, un trajet rendu agréable par la satisfaction d’un week-end humide mais riche en découvertes et en émotions.

Premières lignes #38

En apparence, Marguerite est une jeune femme comme les autres : elle a un joli appartement, un amoureux gentil et un travail intéressant. Sa différence est tenue, presque invisible : Marguerite a beaucoup de mal à supporter le bruit et l’agitation sociale autour d’elle. Consciente de ses difficultés, la jeune femme part à la quête d’elle-même, lit, se renseigne, consulte, fait des rencontres et se libère peu à peu…

L’autrice-dessinatrice-narratrice de ce roman graphique inspiré de faits réels n’est autre que la libraire de Marguerite, témoin de ses recherches. Entre observatrice et confidente, Mademoiselle Caroline a suivi les pas de la lectrice assidue. Le jeu de couleurs très significatif (du rouge sur fond noir symbolisant les agressions extérieures jusqu’aux couleurs éclatantes de la libération) permet de retracer, sobre et touchante, la rencontre de Marguerite avec elle-même.

Qui, au cours de cette lecture drôle et émouvante qui pointe une difficulté mal connue, ne s’est pas dit : « Mais c’est moi, ça. » ?

Mademoiselle Caroline et Julie Dachez. La différence invisible. 2016

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Lettres de la religieuse portugaise

Je vous conjure de me dire pourquoi vous vous êtes attaché à m’enchanter comme vous avez fait, puisque vous saviez bien que vous deviez m’abandonner ? Et pourquoi avez-vous été si acharné à me rendre malheureuse ? Que ne me laissiez-vous en repos dans mon cloître ?

Mystère que ces cinq lettres d’amour (à ne pas confondre avec les lettres galantes, écrites pour être lues en public) parues en 1669 : Sont-elles authentiques ? Sont-elles fictives ? Une manigance de la part de Guilleragues, se présentant comme traducteur, pour accéder à la charge de secrétaire ordinaire du cabinet du roi ? Une véritable correspondance entre Mariana da Costa Alcoforado, une religieuse portugaise, et le comte de Chamilly, un officier français ?

Malgré les incertitudes quant à leur origine, ces lettres n’en sont pas moins un chef d’œuvre de la littérature amoureuse du dix-septième siècle. A l’instar de Phèdre, Mariane ressent un froid intense et une chaleur brûlante. Elle se remémore les instants passés auprès de son amant, déplore son malheur présent et ne voit dans l’avenir que folie et mort. La jeune religieuse souffre d’abandon et de trahison. Ces sentiments puissants sont cause qu’elle déraisonne et hurle sa passion. L’amant français est destinataire de ces mots tendres et violents, sages et fous. Dans l’enceinte du cloître, lieu de calme et de paix qui, à la fois, protège des tourments de la vie séculière et ne permet pas de distraire son attention, Mariane écrit à l’homme qui a franchi l’enceinte sacrée. L’amour profane est entré dans ce lieu consacré à l’amour de Dieu et les lettres agissent comme un lien entre ces deux mondes. A la lecture des quatre premières lettres, on oublie le destinataire, relégué. L’adresse à l’officier français semble un prétexte à l’implosion de la religieuse, facilitée par l’écriture. Les mots transcrivent les sentiments mais les déforment aussi. Mariane en est consciente et déplore que le langage ne puisse refléter la profondeur de sa passion. Dans la cinquième lettre, l’amant semble plus vivant, on a de ses nouvelles et on lui renvoie tous les effets qui ont un lien avec lui. C’est la mort de la passion, le calme après la tempête, la victoire de la raison, le désespoir sage, la résignation malheureuse.

Les Lettres de la religieuse portugaise sont un chemin de soi vers soi, un travail de deuil épuisant mais salutaire depuis le déni jusqu’à l’acceptation en passant par les éprouvantes manifestations physiques qui accompagnent la dépression.

Le langage classique séduit encore les oreilles du lecteur contemporain et la féminisation des pronoms a un étonnant écho sur nos préoccupations actuelles. La compassion éprouvée témoigne bien du charme indémodable de l’art épistolaire et de l’expression de l’amour.

Lettres de la religieuse portugaise. 1669

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Recueil lu dans le cadre du projet Je vous écris car je vous aime. Toutes les modalités du projet chez Pousse et Comète !

Décembre #2

J’y crois pas, ils sont plus communistes que moi / Madame, y’a une bulle, là / Une expérience radiophonique charmante / Beaucoup trop de monde / Une soirée clandestine / Fêter son anniversaire en famille / Des cadeaux de fille / Découper des oranges et des citrons pour une sangria maison / Un sapin de livres / Ouvrir chaque jour une case du calendrier de l’avent / Dépoussiérer les décorations de Noël / Un dernier rendez-vous à la clinique / Troquer les lentilles contre les gouttes / Une vue de Paris à 360° / Et si je faisais breveter mon porte-bijoux ?/ J’ai aimé même si ça m’a pas trop plu / Un week-end à Lyon annulé / Une lassitude qui revient et repart / Se relaxer / Essayer une nouvelle recette entre flan et gratin / S’essayer au yoga / Une surprise dans mon casier / Un casse-tête ferroviaire / Un aller-retour Gare du Nord / Assister à un concert de rock dans une cave parisienne / Un quart d’heure de lecture par jour / Ambiance tamisée sur fond musical pour récit spectral / J’ai vu qu’il lui plaisait aux plis de son œil droit / Aller à la danse, manger du chocolat, regarder Les Reines du shopping / Croiser le sosie de Julien Doré dans le RER A en route pour son concert / Un goûter, des jeux, du chocolat et des clémentines / On attendra l’hiver pour s’écrire qu’on se manque / Marie-Antoinette, reine de la mode et du goût / De plus en plus de cadeaux au pied du sapin / Une montre et une horloge, plus d’excuse pour le retard / Le vent, la pluie, le froid, la boue / Apprendre une terrible nouvelle, si brutale / Une amie bien courageuse / Trois gâteaux au chocolat, une brioche, un pain d’épices, des truffes, deux bûches glacées et six bouteilles de champagne / Avoir chaud et froid en même temps / L’Histoire n’a jamais donné raison aux moutons / Encore une semaine après les fêtes / Qu’est-ce que ça passe vite un an…

D’après une idée de Mokamilla