Premières lignes #23

Chaque nouvelle de ce recueil est introduite par un court texte, sorte de pont entre éléments du quotidien, faits divers, tendances actuelles et monde parallèle, futuriste, drôle, absurde ou inquiétant. Nous voilà trente ans plus tard dans un monde robotisé dans lequel l’humain cherche sa place. Et pourtant les ancêtres : Alfred de Musset, Isaïe, Job, Jérémie s’invitent dans le texte pour illustrer, poétiser ou annoncer un propos. A travers ce voyage entre les époques, Ketty Steward s’interroge sur l’identité, le corps, les relations sociales… et ses récits d’anticipation prennent l’allure de fables sur le monde contemporain.

Huit heures. J’arrive devant la grille et pose la main sur la plaque d’identification. Feu vert, je peux entrer. J’ôte le bouchon de mon index et le connecte à la borne de communication pour récupérer le courrier du jour dans ma mémoire flash. J’ai le temps de boire un café avant l’arrivée des surveillants. Huit heures dix. Les surveillants sont là, comme me l’indique le panneau de gestion de l’équipe. Je regarde s’allumer, un à un, les voyants sur la grille des tâches. Chacun gagne son poste : bureau, portail, couloirs, permanence.

Ketty Steward. Connexions interrompues. 2011

Michel Ange. Isaïe. 1509

J’ai eu la chance de rencontrer Ketty pas plus tard que cette semaine. Tout en douceur et en rondeur (des perles de son collier rouge jusqu’aux mots qui sortent de sa bouche en passant par les angles arrondis de ses « dés à idées »), Ketty parle de son métier comme d’une évidence. Elle qui s’est essayée à tous les genres (sauf le gore et le polar) affirme avoir commencé l’écriture en CP, comme tout le monde. Mais les listes de courses, les documents administratifs (quel admirable don de transformer la recherche de la note de droits d’auteur  en quête féérique !), non ça ne l’intéresse pas. Ce qu’elle recherche à travers l’écriture, c’est apprendre, toujours plus… Et chaque moment de sa vie est une source d’inspiration inépuisable. Comme cet homme comptant des coupures de cent euros dans le métro. En écrivant ses brèves de transport, Ketty fait des évènements du quotidien des contes qui font rêver, sourire et réfléchir.

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

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Auteur : Eléonore Clélia

Francilienne en semaine, orléanaise, parisienne, angevine, le week-end, littéraire de formation, intriguée par les sciences, tantôt lectrice, amatrice d’art et de culture, tantôt cuisinière ou bricoleuse, bref curieuse, je partage créations, chroniques et coups de cœur qui font mes petits bonheurs quotidiens.

9 réflexions sur « Premières lignes #23 »

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