J’ai côtoyé Marien Defalvard, le jeune prodige de la rentrée littéraire 2011, quelques semaines au lycée Pothier avant qu’il ne quitte l’établissement pour des cieux plus radieux (rébellion contre le système ? écriture d’un nouveau roman ? séjour en hôpital psychiatrique ? inscription à Henri IV ? La suite de son parcours est floue et la légende est née). Je me souviens surtout de sa tignasse brune et de son allure mi-dandy mi-poète romantique du 19ème siècle. Je me souviens de certains de ses propos dont les plus marquants sont « Ta mère travaille ?! Es-tu pauvre ?? » et « Tu habites à Châteauroux ?! La ville la plus laide du monde selon Jean Giraudoux ! ». Je me souviens qu’il ne comprenait pas ce que les filles faisaient en prépa. Et je me souviens aussi que ça avait chauffé avec Mme B. au sujet de Flaubert.

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Je m’étais promis de ne jamais acheter ses romans mais, abstraction faite du personnage, faut avouer qu’il écrit bien, le gamin.

Ça a commencé à Coucy, Coucy-le-château-Aufrique. Dans l’Aisne, aux derniers renseignements, en Picardie. Donc, ça a commencé là-bas, dans la beauté de son écrin. Le ciel n’était pas roux, pas gris, pas noir, mais bleu, un grand bleu de fiançailles. Dix-sept heures, poussivement, venaient au pas ; les guérets, les bocages, la France qui était bien belle allait commencé la mastication du soleil et de la lune, pointe de lumière écaillée, plus fine qu’un ongle, attendait son tour dans un coin, esseulée. J’avais le regard qui partait vers l’est, immobile que je me trouvais sur le chemin de ronde, un peu au-dessus du clocher. Devant moi, le paysage ne bougeait pas du tout ; les champs, les bois, les forêts, les près, les villages, les collines, les plateaux s’empilaient, s’emboîtant et s’éloignant, et au loin, dans une douce pénombre, on devinait à force d’yeux les champs de patates, de betteraves et de haricots.

Marien Defalvard. Du temps qu’on existait. 2011

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

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9 réflexions sur “Premières lignes #9

  1. oh là là tu as rencontré ce fameux Marien? J’ai adoré son roman « du temps qu’on existait » !!!
    La distance du personnage principal avec sa vie, les lieux si importants, la réflexion sur la nostalgie …. superbe. Je l’ai vu dans une émission avec Franck Dubosc, j’ai été choquée de son attitude moqueuse et méprisante… Jalousie, sans doute. En tout cas, j’attends le prochain roman avec impatience; Petite veinarde de l’avoir rencontré..

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    1. Juste une brève apparition ! Mais même avant d’être publié, il a su se faire remarquer ! Je l’ai trouvé… atypique, ça ne s’oublie pas (j’aurais dû lui demander un autographe anticipé) ! Je me suis intéressée à son oeuvre il y a peu et j’ai vu l’émission aussi 🙂

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  2. Vraiment ce roman a été un coup de foudre… j’y ai trouvé quelque chose de nouveau, une sorte de philosophie mélancolique sans être laconique… une distance non dénuée d’émotion, une timide tendresse qui m’a émue. Un grand livre. S’il repasse par ici je voudrais qu’il sache à quel point j’ai été touchée au coeur

    Aimé par 1 personne

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