Café des chats

J’ai profité de la visite de ma sœur ce week-end pour prendre un goûter au fameux Café des Chats ouvert depuis 2013. Le salon de thé se situe au 9 rue Sedaine (métro Bréguet-Sabin mais on dit Bastille, ça fait plus branché). Ma sœur et moi, on perd toute dignité devant ces mignonnes petits boules de poils. Pas de réservation possible, notre hantise : qu’il n’y ait plus de places. On attend devant le salon vingt petites minutes pendant que les passants se demandent ce qu’on fait là (ah oui c’est le bar à chats !), on regarde les chats à travers la vitrine, on guette chaque mouvement, et n’étant que deux, on passe devant les deux groupes de quatre personnes qui attendaient avant nous (mais pas de scrupules, ils sont rentrés dans les cinq minutes suivantes). On est installées à une petite table de bistrot, pas de fauteuil confortable, rien d’attirant pour un chat. On est finalement déplacées (pour laisser la place à un des deux groupes de quatre), toujours une table de bistrot mais plus centrale et les chats circulent autour de nous, plus qu’à tendre la main.

On commande un chocolat gourmand : un bon chocolat chaud (la tablette fondue quoi), une panna cotta, un mi-cuit au chocolat et une part de cake au thé matcha). La carte est plutôt variée : petits plats et desserts faits maison, boissons chaudes, fraiches, vins, brunchs le week-end.

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Mais ce sont pour les mignons pensionnaires qu’on vient ici. Certains sont affalés sur les fauteuils (interdiction formelle de déranger un chat !). Quelques uns circulent entre les tables.

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D’autres s’amusent : un chapeau, une ficelle, l’arbre à chats, les petits parcours installés à travers le salon.

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Des petits malins ont trouvé la bonne planque pour échapper aux jeux et aux caresses.

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Ici, on est comme à la maison, et les chats aussi. Animaux abandonnés, ils ont tous été recueillis par le salon ces dernières années. Chacun a son nom (Zeus, Apollon, Rémus et Romulus, Bastet, Izmir…), son histoire, son caractère.

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Atmosphère joyeuse et familiale dans le café-maison. Décidément les chats apaisent les tensions et attirent les bonnes ondes.

Premières lignes #9

J’ai côtoyé Marien Defalvard, le jeune prodige de la rentrée littéraire 2011, quelques semaines au lycée Pothier avant qu’il ne quitte l’établissement pour des cieux plus radieux (rébellion contre le système ? écriture d’un nouveau roman ? séjour en hôpital psychiatrique ? inscription à Henri IV ? La suite de son parcours est floue et la légende est née). Je me souviens surtout de sa tignasse brune et de son allure mi-dandy mi-poète romantique du 19ème siècle. Je me souviens de certains de ses propos dont les plus marquants sont « Ta mère travaille ?! Es-tu pauvre ?? » et « Tu habites à Châteauroux ?! La ville la plus laide du monde selon Jean Giraudoux ! ». Je me souviens qu’il ne comprenait pas ce que les filles faisaient en prépa. Et je me souviens aussi que ça avait chauffé avec Mme B. au sujet de Flaubert.

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Je m’étais promis de ne jamais acheter ses romans mais, abstraction faite du personnage, faut avouer qu’il écrit bien, le gamin.

Ça a commencé à Coucy, Coucy-le-château-Aufrique. Dans l’Aisne, aux derniers renseignements, en Picardie. Donc, ça a commencé là-bas, dans la beauté de son écrin. Le ciel n’était pas roux, pas gris, pas noir, mais bleu, un grand bleu de fiançailles. Dix-sept heures, poussivement, venaient au pas ; les guérets, les bocages, la France qui était bien belle allait commencé la mastication du soleil et de la lune, pointe de lumière écaillée, plus fine qu’un ongle, attendait son tour dans un coin, esseulée. J’avais le regard qui partait vers l’est, immobile que je me trouvais sur le chemin de ronde, un peu au-dessus du clocher. Devant moi, le paysage ne bougeait pas du tout ; les champs, les bois, les forêts, les près, les villages, les collines, les plateaux s’empilaient, s’emboîtant et s’éloignant, et au loin, dans une douce pénombre, on devinait à force d’yeux les champs de patates, de betteraves et de haricots.

Marien Defalvard. Du temps qu’on existait. 2011

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.