Benjamin Biolay en concert

Concerts complets depuis des mois malgré la date supplémentaire le dimanche soir (mais il y a école le lendemain). Je me suis mis des alertes places d’occasion par mail et je consulte le Bon Coin (les gens m’agacent à laisser leur annonce une fois les places vendues #fauxespoir #pertedetemps). Cet été j’ai tout laissé passer mais les alertes tombent régulièrement, j’ai bon espoir. Dès le premier septembre, je suis au taquet et je n’ai plus aucune pitié. Après trois annonces passées sous mon nez, je mets dans mon panier sans réfléchir et là, j’ai 14 minutes et 59 secondes pour vérifier les places, me souvenir de mon code d’accès et aller chercher ma carte bancaire. La bouffée d’adrénaline passée, je suis soulagée, satisfaite et j’ai mes places. Ça, c’est fait.

Ce moment de guerre pré-concert en dit long sur la notoriété de Benjamin Biolay. Après un goûter chez Mariage Frères (23 euros pour un thé et une part de cake), à l’aise en fosse, de la place pour remuer, bien en face, entre les têtes des deux grands qui se gênaient mutuellement (Euh, madame, tu vas pas tenir tes cheveux en chignon, les coudes levés, toute la soirée, dis ? Tu veux un élastique ?)

Concert efficace : pas de première partie, de blablas inutiles et d’effets de voix bizarres. BB n’a plus rien à prouver, il arrive en terrain conquis dans la belle salle Pleyel ; il n’en manifeste pas moins une émotion sincère. Accompagné d’une trentaine de musiciens (guidés par un chef d’orchestre) et de chanteurs, l’artiste a tout d’un grand. Esthétique scénique épurée (d’accord pour le dresscode noir légèrement fluide mais merci de mettre des vêtements plus seyants, tout le monde vous regarde quand même). Dans une première partie, BB présente son dernier album, sorti en avril, Palermo Hollywood et invite successivement chanteurs lyriques, Sofia Wilhelmi, Chiara Mastroianni, Melvil Poupaud. Ambiance argentine garantie. Dans une seconde partie, l’artiste revient sur les titres qui l’ont fait connaître : Ton Héritage, Négatif, Les Cerfs-volants, en passant par un hommage à Charles Trenet et l’inévitable Superbe. La dernière fois que j’ai vu BB en concert, je me suis fait planter sur place car l’homme charmant qui m’avait invitée a revu sa super ex (elle avait une tête à s’appeler Marilou). Bref, un Biolay généreux (2h30 de spectacle) et de bonne humeur et un sort conjuré (bonne soirée entre amies).

Benjamin Biolay. Palermo Hollywood. 2016

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Premières lignes #8

Voici les premières lignes de Cent ans de solitude, épopée colombienne, fresque familiale, qui explore les relations humaines, le rapport à la nature et bien plus encore sur fond de magie et de mythologie.

Alchimie de Flamel
Alchimie de Flamel

Bien des années plus tard, face au peloton d’exécution, le colonel Aureliano Buendia devait se rappelait ce lointain après-midi au cours duquel son père l’emmena faire connaissance avec la glace. Macondo était alors un village d’une vingtaine de maisons en glaise et en roseaux, construites au bord d’une rivière dont les eaux diaphanes roulaient sur un lit de pierres polies, blanches, énormes comme des oeufs préhistoriques. Le monde était si récent que beaucoup de choses n’avaient pas encore de nom et pour les mentionner, il fallait les montrer du doigt.

Gabriel Garcia Marquez. Cent ans de solitude. 1967

Les premières lignes sont des rendez-vous hebdomadaires initiés par Ma Lecturothèque. Les Premières lignes des autres participants sont à découvrir sur son blog.

Premières lignes #7

Volcanique alliage entre chimie et poésie, enquête policière et chronique du XVIIIe siècle, voici les premières lignes du Parfum de Patrick Süskind, sous-titré Histoire d’un meurtrier, best-seller international et chef d’oeuvre de la littérature allemande !

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Au XVIIIe siècle vécut en France un homme qui compta parmi les personnages les plus géniaux et les plus abominables de cette époque qui pourtant ne manqua pas de génies abominables. C’est son histoire qu’il s’agit de raconter ici. Il s’appelait Jean-Baptiste Grenouille, et si son nom, à la différence de ceux d’autres scélérats de génie comme par exemple Sade, Saint-Just, Fouché, Bonaparte, etc., est aujourd’hui tombé dans l’oubli, ce n’est assurément pas que Grenouille fût moins bouffi d’orgueil, moins ennemi de l’humanité, moins immoral, en un mot moins impie que ces malfaisants plus illustres, mais c’est que son génie et son unique ambition se bornèrent à un domaine qui ne laissa point de traces dans l’histoire : au royaume évanescent des odeurs.

Patrick Süskind. Le Parfum. 1985

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Un ano con Almodovar : Avis aux cinéphiles !

Le mois de septembre rime avec fin de l’été et rentrée scolaire, mais aussi (après le petit coup de mou habituel) avec nouvelles idées et nouveaux projets. De notre côté, le changement de saison fait bouillonner nos cerveaux. Ma copine-collègue-blogueuse Une Comète du blog Aux bouquins garnis et moi nous lançons dans un projet 12 Cinéma. Julieta (le film de l’année !) nous a donné envie de passer Un año con Almódovar et de voir ou revoir les chefs-d’oeuvre plus ou moins connus du grand maître espagnol.

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Chaque mois, nous visionnons un film et rédigeons un billet.

Voici la liste des films choisis en commun et le calendrier des publications pour l’année à venir (octobre 2016 à septembre 2017) :

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Le projet est ouvert à tous.

Premières lignes #6

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Voici les premières lignes d’un des quatre romans de la série à succès U4, phénomène de la rentrée littéraire 2015, pépite du Salon du livre jeunesse. Il s’agit d’un projet commun entre quatre auteurs français : Florence Hinckel, Vincent Villeminot, Carole Trébor et Yves Grevet. Tous sont partis d’un point de départ commun : le virus U4 tue sans exception les personnes de moins de 15 ans et de plus de 18 ans. Quatre adolescents, experts de Warriors of Time, un jeu vidéo en ligne, sont convoqués par le maître du jeu à Paris le 24 décembre pour combattre le virus et réécrire le passé. Chacun des auteurs développe l’histoire d’un personnage et raconte le combat des héros.

Cela fait dix jours que le filovirus méningé U4 (pour « Utrecht », la ville des Pays-Bas où il est apparu, et « 4e » génération) accomplit ses ravages. D’une virulence foudroyante, il tue quasiment sans exception, en quarante heures, ceux qu’il infecte : état fébrile, migraines, asthénie, paralysies, suivies d’hémorragies brutales, toujours mortelles. Le virus s’est propagé dans toute l’Europe. Berlin, Lyon, Milan… Des quartiers, des villes, des zones urbaines entières ont été mises successivement en quarantaine pour tenter de contenir l’épidémie. En vain. Plus de 90% de la population mondiale ont été décimés. Les seuls survivants sont des adolescents. La nourriture et l’eau potable commencent à manquer. Internet est instable. L’électricité et les réseaux de communication menacent de s’éteindre.

Florence Hinckel. Yannis. 2015

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Premières lignes #5

Rien ne s’oppose à la nuit fait partie de ces romans que j’ai lus très rapidement sans savoir si c’était par intérêt ou par mécanisme. Delphine de Vigan s’inscrit dans la lignée des auteurs qui s’écrivent en train d’écrire et qui écrivent leur famille pour comprendre pourquoi ils en sont venus à écrire. Même si je suis toujours un peu gênée par l’aspect thérapeutique de l’écriture, j’apprécie le travail de recherche et l’appui sur le document vivant (lettres, témoignages, enregistrements…). L’auteur parvient à faire de ses proches des personnages romanesques avec un style très agréable à lire, alors que le sujet est pourtant très douloureux.

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Ma mère était bleue, d’un bleu pâle mêlé de cendres, les mains étrangement plus foncées que le visage, lorsque je l’ai trouvée chez elle ce matin de janvier. Les mains comme tachées d’encre, au pli des phalanges. Ma mère était morte depuis plusieurs jours. J’ignore combien de secondes voire de minutes il m’a fallu pour le comprendre, malgré l’évidence de la situation (ma mère était allongée sur son lit et ne répondait à aucune sollicitation), un temps très long, maladroit et fébrile, jusqu’au cri qui est sorti de mes poumons, comme après plusieurs minutes d’apnée.

Delphine de Vigan. Rien ne s’oppose à la nuit. 2011

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