Le musée Eugène Boudin, fondé par Louis-Alexandre Dubourg et Eugène Boudin lui-même, se situe dans la chapelle de l’ancien couvent des Augustines, rue de l’Homme de bois.

L’exposition Etre jeune au temps des Impressionnistes (1860-1910) occupe les salles du premier étage, depuis la chapelle jusqu’à la vaste salle donnant vue sur l’estuaire à travers une large baie vitrée.

La période 1860-1910 couvre la grande époque de l’impressionnisme mais aussi les courants qui ont co-existé : académisme, réalisme, naturalisme, symbolisme, post-impressionnisme… Le choix des bornes chronologiques place le mouvement impressionniste dans le contexte de l’histoire de l’art.

La figure de l’enfant est mise à l’honneur cette année. A la fin du XIXe siècle, on commence à prendre en considération le développement de l’enfant ; les lois sur l’éducation en témoignent. L’enfant n’est plus simplement un adulte en devenir, c’est un être à part entière. En sciences, en sociologie, en art, en littérature, on s’intéresse aux bouleversements du passage de l’enfance à l’âge adulte. Réduite jusqu’à présent à la puberté, l’adolescence devient un sujet d’étude. Et le regard des artistes change. Fernand Pelez, peignant des enfants martyrs qui tentent de survivre dans la ville hostile, se fait porte-parole de la misère tandis que les peintres impressionnistes représentent des jeunes de la bonne société (souvent leurs enfants ou ceux de leurs amis) lisant sagement ou jouant au jardin, en toute insouciance, bonheur idyllique.

Alexandre Dubourg. Portrait d'un jeune garçon au chapeau bleu
Alexandre Dubourg. Portrait d’un jeune garçon au chapeau bleu
Fernand Pelez. Martyr ou le petit marchand de violettes.
Fernand Pelez. Martyr ou le petit marchand de violettes

L’exposition s’inscrit également dans la géographie : elle fait la part belle aux peintres normands : Felix Cals, Alexandre Dubourg, Ernest-Ange Duez, Jacques-Emile Blanche et bien sûr Eugène Boudin. Un cabinet lui est entièrement consacré. On y découvre ses natures mortes, ses paysages, ses vues d’Honfleur.

Il est intéressant de comparer les tableaux de Boudin à la ville elle-même. Port de pêche depuis le XVIe siècle, Honfleur a attiré les peintres impressionnistes qui y ont fait quelques séjours. Monet y a rendu visite à son maître.

Eugène Boudin. Le port d'Honfleur
Eugène Boudin. Le port d’Honfleur

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Loin du luxe tapageur de Deauville (de 700 à plus de 7000 euros la nuit à l’hôtel Normandy !), Honfleur respire les vacances tranquilles avec ses ruelles moyen-âgeuses, son église en bois au clocher séparé (la structure en bois n’aurait pas supporté le poids et le balancement des cloches), son petit port et ses places ombragées.

Boudin et Monet. L'église d'Honfleur
Boudin et Monet. L’église d’Honfleur

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Coup de coeur pour le cabinet des dessins au troisième étage du musée, petite salle intime où on regarde les dessins comme un tourne les pages d’un album photo : Eugène Boudin croque un personnage en un seul trait de plume !

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