Cathédrale de lumière

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Chaque soir de l’été, la cathédrale de Rouen s’habille de lumière grâce à deux projections successives réalisées par la technique du video mapping (les images vidéo et la 3D subliment l’édifice). Se frayer un chemin pour être aux premières loges et admirer Les Vikings, spectacle qui retrace les invasions des guerriers du nord au IXe siècle (donnant naissance à la Normandie) puis Première impression. Au cours de cette seconde projection, la cathédrale se pare des couleurs qui ont ébloui les peintres impressionnistes. On retrouve de nombreux effets qui les ont séduits : mouvement gracieux de l’eau, couleurs changeantes des paysages, vent léger dans les cheveux et les robes des femmes, détente au cours d’un déjeuner sur l’herbe, assemblage de dessins aux traits enfantins…

Musée des Beaux Arts

Manet, Renoir, Monet, Morisot… Scènes de la vie impressionniste

Au cours de cette exposition, on entre dans l’intimité des peintres impressionnistes, on tente de comprendre leurs généalogies entremêlées (les Renoir, les Manet-Morisot…), et on s’émeut de la représentation des enfants des artistes. Dans chaque salle, les papiers peints sombres inspirés des collections des Arts décoratifs donnent l’impression de pénétrer chez quelqu’un. Au XIXe siècle, la représentation de la famille est à la mode : on s’intéresse en effet à l’intime, aux scènes familiales, au quotidien de la maison. Les artistes créent un entre-soi : ils sont à la fois peintres et modèles. Berthe Morisot : peintre et muse de Manet (Edouard). Julie Manet (fille de Berthe et Eugène) : source d’inspiration pour Morisot, Renoir et les autres. Les femmes et les enfants, véritables héros de la vie familiale, remplacent les modèles professionnels. On les peint dans leur intimité, songeurs ou bouillonnants de vie, jouant ou lisant, au jardin ou à la maison. Les peintres interprètent une société mouvante qui fait la part belle au cercle familial.

Mes trois coups de coeur :

Albert Bartholomé. Dans la serre. 1881 et Anonyme. Robe d'été. 1881
Albert Bartholomé. Dans la serre. 1881 et Anonyme. Robe d’été. 1881

La mise en scène du tableau de Bartholomé et de la robe d’été de coupe princesse dans laquelle sa jeune épouse a posé met en valeur les deux éléments : la robe est exposée devant le tableau, dans une vitrine au centre de la salle. On peut ainsi faire le tour de la robe, admirer les deux oeuvres ensemble (le tableau à travers la vitrine) et séparément (l’espace entre la vitrine et le tableau est assez grand pour que l’on puisse regarder la peinture à quelques mètres).

Gustave Caillebotte. Intérieur ou femme lisant. 1880
Gustave Caillebotte. Intérieur ou femme lisant. 1880

Dans ce tableau, le peintre inverse des relations traditionnelles entre masculin et féminin. Au premier plan, une jeune femme lit les nouvelles dans le journal assise dans un fauteuil rigide tandis que son mari est confortablement installé dans un immense canapé, absorbé par son roman. Le raccourci entre les plans témoigne d’une mise en scène photographique, quasi cinématographique, d’une grande modernité.

Claude Monet. Jean Monet sur son cheval de bois. 1872
Claude Monet. Jean Monet sur son cheval de bois. 1872

Claude Monet peint son fils alors âgé de cinq ans dans ses occupations quotidiennes. Il détourne des portraits officiels des aristocrates représentés sur leurs nobles montures. Le cheval de bois est le jouet de luxe de la modernité.

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