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Relation ambiguë mi intellectuelle mi sentimentale entre une agrégée de philosophie et son ancien élève. Elle enseigne dans un lycée des beaux quartiers dont les élèves forcent le blocus pour assister, passionnés, à ses cours. Elle les invite chez elle, ils lui proposent de parrainer leur site Internet. (Tu m’étonnes qu’elle aime son métier et qu’elle est prête à l’exercer jusqu’à 67 ans.) Un élève se préoccupe du coefficient au baccalauréat, quand même. Elle publie des manuels de philosophie et dirige une collection. Elle habite dans un appartement spacieux, fait claquer ses talons toute la journée (pensée pour les voisins), change l’eau de ses fleurs quotidiennement, s’occupe de sa mère et reçoit ses enfants à déjeuner. Alors qu’elle vieillit et que le vide se fait autour d’elle, Fabien s’affirme. Lui, le protégé, le chouchou de maman, s’échappe grâce aux cours de philo, poursuit ses études à Normale Sup, prépare une thèse. Beau gosse de gauche (mal habillé, faut dire qu’il rentre d’une nuit sans sommeil à Saint-Denis, mais cheveux et barbe toujours impeccables), intellectuel refusant le système, démissionnaire de l’Education Nationale, militant pour un monde alternatif. Et du jour au lendemain, il quitte Paris pour mettre en pratique ses rêves de vie en communauté : achat partagé d’une ferme dans le Vercors. Au programme : joints, fromages, réflexion, écriture. Ça conteste la notion d’auteur en français, anglais et allemand. Comment tout ce petit monde gagne-t-il sa vie ? Il y en a quand même une qui a des préoccupations matérielles. Les murs sont tapissés de livres dans l’appartement parisien (ils penchent dangereusement après le départ du mari) comme dans la ferme du Vercors. Commerce triangulaire à longueur de film : d’accord pour le divorce mais tu me rends mon Levinas ; récupère Schopenhauer, tu passeras un meilleur Noël ; tu peux garder Soljenitsyne ; publie mon essai sur Adorno ; je te rends le texte sur le terrorisme que tu m’as prêté, j’ai pas aimé. Même le chat Pandora y a droit. Les idées se confrontent. Il y a quelque chose dans l’air qui ne se passera finalement pas. Fallait quand même pas tomber dans le cliché.

 Mia Hansen-Love. L’Avenir. Avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka. 2016

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6 réflexions sur “L’Avenir

  1. Je l’ai vu aussi et je suis comme toi. Pas vraiment aimé et pas vraiment pas aimé ! A mon avis la réalisatrice a voulu traiter trop de sujets en même temps et du coup a un peu tout survolé. Les références philosophiques sont parfois obscures pour des non-initiées et parfois prétextes, je trouve, à juste citer des noms. Par contre j’ai bien aimé le personnage de Huppert, cette façon de retrouver une certaine liberté, de reprendre possession de sa vie.

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