Suresnes Cité Danse

Alors que le froid de l’hiver engourdit les doigts et rosit les joues, le festival Suresnes Cité Danse chauffe l’atmosphère. Le hip-hop n’est plus seulement la danse des rues, au risque de perdre son caractère spontané, il a forcé les portes des théâtres et des plus belles salles de spectacle et mérite le feu des projecteurs au même titre que les danses académiques. Depuis vingt-quatre ans déjà, la Street Dance est mise à l’honneur à Suresnes. Pendant trois semaines, les danseurs s’emparent de la ville et des écrans. France Télévision s’invite pour filmer ces moments uniques ; nos places sont révérencieusement laissées aux caméras ; les créations des années précédentes sont diffusées sur petit écran (malheureusement en deuxième voire troisième partie de soirée) ; Olivier Meyer, directeur artistique, est si ému qu’il en perd ses mots. C’est l’effervescence.

Voyage à New-York dans les années 1920-1930, Street Dance Club, création 2016 pour huit danseurs, est un véritable pèlerinage, un retour aux sources qui rappelle les célèbres clubs de jazz. Des figures, oui, de la technique, beaucoup, mais surtout de l’humour et de l’auto-dérision. Les sourires des danseurs, la musique enjouée composée par Antoine Hervé, la chorégraphie débridée de l’américain Andrew Skeels qui tantôt exclut, tantôt inclut les individus, est un hymne à la camaraderie au-delà des frontières imposées par les Etats-Unis ségrégationnistes du début du vingtième siècle.

Suresnes Cité Danse
Affiche du festival 2016